Objets connectés et perte de poids : Que choisir dans la panoplie actuelle ?

À l’échelle mondiale, un peu plus d’une personne sur trois est en surpoids alors qu’en Europe et en France plus particulièrement, on compte plutôt une personne sur deux en situation de surpoids. Loin des canons de beauté et de la forme physique, ce sont les graves conséquences sur la santé de ces kilos en trop qui ont favorisé le développement d’une industrie du poids ; on parle de la co-mordibité du poids pour désigner le spectre de maladies que favorise le surpoids.

Au regard de l’ampleur de la pandémie certains industriels ont choisi de faire embarquer dans leurs instruments des mesureurs de tensions, de niveau d’activité physique (nombre de pas), de rythme cardiaque, et autres mensurations. Appelée “quantified-self” ou “mesure de soi” en français, cette collecte des données biométriques s’est fait une place dans l’industrie de la perte de poids comme un outil de suivi et d’aide à la décision.

Sont-ils vraiment efficaces, quels sont leurs procédés d’acquisition et de traitement des données ? Ces objets vous aideront ils à savoir quel est votre poids idéal, aussi connu comme poids de santé ou poids de forme (vous pouvez accéder à un calculateur gratuit ici) ? Autant de questions desquelles nous lèverons un coin de voile.

Revue de la panoplie d’objets connectés

Le contrôle du poids corporel emprunte deux voies traditionnelles : celle du contrôle de l’alimentation (nombre de calories et qualité des nutriments) et celle du contrôle du niveau d’activité physique.   C’est dire que les objets connectés doivent permettre le contrôle des habitudes en analysant constamment le rapport des balances entre apports de calories et dépenses énergétiques.

De façon plus générale, le contrôle du poids peut être élargi aussi au contrôle/suivi des mensurations biométriques en rapport avec les maladies corollaires du surpoids. Il s’agit par exemple pour certains objets connectés de mesurer par exemple la distribution des graisses dans le corps et ne pas s’arrêter au seul IMC (Indice de masse corporel) qui de l’avis des spécialistes ne définit pas fidèlement l’état de surpoids d’un individu.

Nous pouvons répartir en deux grandes classes les objets connectés, la classe des objets de suivi et de monitoring sanitaire et la classe des objets connectés palliatifs qui tentent d’induire par eux-mêmes la perte de poids.

 Au nombre des objets connectés de la première catégorie mettant l’intelligence artificielle mise au service du monitoring sanitaire des individus, on pourrait citer:

  • les bracelets connectés qui mesurent  l’activité physique, le rythme cardiaque et aussi le sommeil;
  • les plats, balances de cuisine et colliers connectés qui enregistrent les aliments à consommer ou que vous consommez déjà et renseignent sur leur richesse en calories et teneurs en micronutriments;
  • la fourchette et la tasse connectées qui peuvent avec des vibrations vous imprimer un rythme plus adapté de nutrition;
  • les miroirs et balances connectés mesurent le poids, le rythme cardiaque, l’IMC et aussi la distribution des graisses dans le corps, la circonférence des muscles …etc. Cette catégorie d’objets renseigne avec plus de précision sur le poids idéal.

La seconde catégorie, celle des objets connectés induisant la perte de poids est moins pourvue que la première. On peut citer l’initiative canadienne d’une veste qui ferait perdre du poids par le froid.

De l’impact des objets connectés sur les régimes

L’idée de faire suivre son programme de perte de poids par une intelligence artificielle est très séduisante, mais encore faut-il que ce suivi soit efficace. Une étude menée par l’université de Pittsburgh aux États-Unis est la seule qui fait actuellement office sur la question de l’efficacité des objets connectés. Menée sur deux ans (entre 2010 et 2012), l’étude a rassemblé un contingent de 471 personnes en surpoids voire obèses. La moitié de ce contingent a été équipée d’un bracelet au bout des six premiers mois de régime.

Au terme des deux années d’expérimentation, le contingent n’ayant pas été équipé de bracelet a enregistré en moyenne, une perte de 5.9kg contre une moyenne de 3.5kg pour la seconde moitié équipée.

Ces résultats suggèrent que l’usage d’objets connectés ne garantit pas une meilleure perte de poids. Il semblerait que les personnes se faisant aider d’un objet connecté ont plus tendance à se relâcher dans leur régime.

Les scientifiques ont toutefois dans leurs analyses suggéré la prudence quant aux conclusions, car de leur avis, ces résultats auraient été peut-être différents si les individus avaient été équipés des objets connectés dès le début de l’expérimentation.

Aussi, il faut noter que cette étude publiée récemment date déjà de plus de 5 ans et que plusieurs générations d’objets connectés ont succédé aux bracelets afin de traquer plus efficacement les dépenses caloriques.

Quoi qu’il en soit, que vous souhaitiez suivre l’évolution de votre poids via des objets connectés ou que vous souhaitiez les utiliser pour optimiser votre programme, n’oubliez pas que la première et la plus importantes des étapes est de bien choisir son régime et ses menus minceur, afin qu’ils soient adaptés à vos attentes, capacités et besoins spécifiques.

Bertrand Mahieu

Explorateur d'Internet depuis 1995 et toujours à la recherche de la prochaine terre promise connectée. Mangeur de chocolat, fan de cuisine, de rando et de Kindle.