Les déboires de petitesannonces.be : bonne nouvelle pour les nouveaux acteurs de la HighTech d’occasion ?

Le site petitesannonces.be n’est plus accessible. La conséquence de la mise en examen de son patron, l’entrepreneur wallon Frédéric Peters, pour campagne de harcèlement à l’encontre de son principal concurrent. En plein confinement et à l’aube du Black Friday, ce revers judiciaire pourrait bien rebattre les cartes du marché d’occasion de l’High-Tech.

Frédéric Peters : l’histoire d’un chef d’entreprise aux méthodes peu conventionnelles

Vous l’aurez peut-être remarqué : il est devenu impossible d’effectuer ses achats sur le site petitesannonces.be. La plateforme belge de produits d’occasion et services de particulier à particulier n’est en effet plus accessible. Et pour cause, son patron, Frédéric Peters, est poursuivi par la justice. Rembobinons.

Il y a une quinzaine d’années, Vivastreet – plateforme française de mise en relation fondée en 2005 – faisait une entrée remarquée sur le marché belge. Une concurrence mal vécue par Frédéric Peters, qui avait déjà eu du mal à faire démarrer son entreprise en 2001. Cet entrant de taille confronte désormais petitesannonces.be à de nouvelles difficultés ce qui fait grincer des dents l’entrepreneur belge. “En 2006, mon site était dans le top 10 des sites les plus consultés en Belgique francophone. M. Pons l’a siphonné!”, déclare Frédéric Peters.

Alors que des tensions se font sentir entre les deux groupes, Frédéric Peters affirme en 2012 vouloir arrêter son exploitation, avant de la reprendre finalement l’année suivante. Commence une large campagne de déstabilisation à l’encontre de son concurrent. Affirmations de “concurrence déloyale”, demandes de dédommagement, association de la marque à des scandales de prostitution… Frédéric Peters n’hésite pas à salir l’image de l’entreprise française auprès de nombreux médias.

Et une fois n’est pas coutume, le 16 mars 2018, Frédéric Peters écopait de près de quatre ans de détention ferme. Plusieurs faits lui étaient alors reprochés : tentatives d’extorsion de fonds – 500,000 euros -, harcèlement psychologique, vol de données informatiques – 28 millions d’utilisateurs de Vivastreet ont été piratés en 2014 -, diffamation, etc. Il s’agit alors de la plus grosse affaire de hacking jamais traitée par la Justice belge.

Deux ans plus tard, l’affaire connaît un nouveau rebondissement. Fin septembre, l’entrepreneur belge est condamné à deux ans de prison ferme, 15,000 euros au civil ainsi que 800 euros au pénal. Le principal fait reproché ne change pas : harcèlement contre son concurrent français. Surtout, sa mise en examen semble sonner le glas de petitesannonces.be, dans une période de confinement par ailleurs plutôt porteuse pour le marché des petites annonces.

Confinement et petites annonces

En Belgique, le marché des petites annonces est de plus en plus concurrentiel et ne cesse de croître. Les enseignes gagnent aujourd’hui une clientèle importante et se positionnent comme le symbole d‘une filière commerciale majeure dans le paysage économique belge. En 2018, plus d’un tiers des Belges – 34,8% – ont fait l’acquisition d’un voire plusieurs articles de seconde main.  “C’est bon pour le portefeuille”, selon 82% des Belges. Mais ce n’est pas la seule raison : 40% des acheteurs affirment aimer dénicher des objets rares, et  34,1% sont motivés par des considérations écologiques.

Faute de pouvoir faire leurs achats physiquement, les Belges se sont tournés vers le commerce en ligne et ce dans la plupart des domaines. Le secteur des aliments frais représentait avant la crise de la Coid-19 seulement 9% des ventes en ligne. Au mois de mai, le e-commerce représentait 11% des ventes. Pour ce qui est de l’habillement, les ventes en ligne sont passées de 47 à 55% pendant le confinement du printemps. Mais le télétravail a surtout fait exploser la vente de cartouches d’encre, d’imprimantes, d’ordinateurs et d’équipements bureautiques divers.

Pour des professionnels qui doivent garder leurs commerces fermés ou pour des clients confinés qui ne peuvent se déplacer, les transactions en ligne n’ont jamais été autant prisées. Et le deuxième confinement risque bien d’augmenter la tendance. Accessoires de sport, jouets pour enfants, décorations de Noël, livres… les Belges poursuivent leurs achats malgré les restrictions de déplacements.

La High-Tech, véritable manne pour l’occasion

Black Friday : le rendez-vous incontournable des “shopping-addicts”. Cette année, l’événement aura lieu le vendredi 27 novembre : l’occasion de préparer les cadeaux de Noël, tout en respectant les règles du confinement. Pas de queue interminable en magasin, un gain de temps considérable, un choix quasi-infini d’articles… Réaliser ses achats en ligne représente de nombreux avantages, surtout en cette période de crise sanitaire.

Avec la multiplication des smartphones et des produits High-Tech ultra performants sur le marché, les promotions sont les bienvenues. Tout comme le Cyber Monday, le Black Friday est donc une occasion immanquable tant pour les commerçants que pour les clients. Ajoutez à cela le développement du marché de l’occasion, qui propose la vente de multiples objets à des prix défiants toute concurrence. De fait, parallèlement à Vivastreet qui jouit de sa position de leader, les sites d’annonces fleurissent depuis quelques années : toutypasse.be, jannonce.be, wapi-annonces.be… la liste est loin d’être exhaustive ! A l’heure de la croissance du marché d’occasion et du vide laissé par petitesannonces.be, c’est donc la place de futur leader belge qui se joue.

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