L’Entracte : quand un jeune belge passionné décide de transmettre son amour du cinéma
À bientôt 27 ans, Jeremy Mahieu aurait pu se contenter de regarder des films, d’en discuter avec ses proches et de donner son avis entre deux séances. Il a finalement décidé d’aller un peu plus loin en créant L’Entracte, un jeune site belge consacré au cinéma, avec une idée aussi simple qu’assez rare sur Internet : partager sa passion de manière authentique et surtout donner envie aux autres de découvrir des films.
Plus qu’une note sur dix
Ce qui frappe en parcourant L’Entracte, c’est justement cette volonté de ne pas réduire le cinéma à une note sur dix (Bon, déjà, c’est une cote sur 5, chez Jeremy). Il prend le temps de revenir sur les films qu’il regarde, qu’il s’agisse de productions récentes, de classiques, de cinéma fantastique, d’horreur, d’animation ou d’œuvres plus confidentielles, voire totalement inconnue de votre serviteur.
Ses critiques cherchent avant tout à expliquer ce qui l’a marqué, ce qui fonctionne, ce qui fonctionne moins (sans se moquer, sans vulgarité, coucou RegeLegorilla) et, surtout, pourquoi un film mérite éventuellement quelques heures de notre temps.
Une approche qui ressemble finalement davantage à une discussion entre passionnés qu’à une sentence définitive tombée du haut d’un fauteuil de critique (Coucou Hughes). Et c’est plutôt agréable à une époque où l’on semble parfois devoir décider si un film est génial ou complètement raté avant même d’avoir terminé le générique.
Quand le film ne s’arrête pas au générique
Jeremy ne s’intéresse d’ailleurs pas uniquement à ce qui se passe devant la caméra. Il aime également aller voir ce qui se cache derrière l’écran.
La fabrication des films occupe ainsi une place importante sur L’Entracte, avec des contenus consacrés aux effets spéciaux, aux techniques de tournage, aux coulisses de production, aux choix artistiques et à ces petits détails qui permettent parfois de comprendre pourquoi une scène fonctionne aussi bien.
C’est également l’occasion de rappeler qu’avant d’être une succession d’images numériques et de gros effets spectaculaires, le cinéma reste une gigantesque machine humaine dans laquelle interviennent réalisateurs, acteurs, techniciens, maquilleurs, décorateurs et artistes en tout genre.
Et lorsqu’on découvre comment certaines scènes ont réellement été conçues, on ne regarde parfois plus le film de la même manière.
Fouiller dans la mémoire du cinéma
L’Entracte aime également retourner dans le passé. Jeremy propose des rétrospectives et des sélections consacrées à différents genres, périodes ou univers du cinéma.
Une manière de remettre en lumière certains films, de revisiter des classiques ou simplement de proposer quelques pistes à ceux qui ne savent jamais quoi regarder après avoir passé vingt minutes à parcourir Netflix (Ne jamais regarder Emily In Paris en VF, c’est insurmontable !).
Parce que le cinéma ne commence évidemment pas avec la dernière sortie en salle et ne s’arrête pas à la page d’accueil d’une plateforme de streaming.
Une passion qui vient de loin
Cette curiosité permanente trouve probablement son origine dans le parcours cinéphile de Jeremy lui-même. Parmi les œuvres qui ont nourri sa passion, on retrouve notamment Jurassic Park et Pulp Fiction, mais aussi un goût prononcé pour le cinéma horrifique et pour les univers de réalisateurs comme Tim Burton ou Henry Selick (NDLR : Il ne remerciera jamais assez mon ami Fred qui lui a fait découvrir cette merveille qu’est L’étrange noël de monsieur Jack).
Son intérêt pour les coulisses du septième art l’a également amené à s’intéresser au travail d’artistes comme Rob Bottin (que j’adorais déjà moi-même quand j’étais ado), dont le talent derrière les effets spéciaux a marqué plusieurs générations de spectateurs.
Ses goûts personnels donnent d’ailleurs une bonne idée de l’esprit du site, avec notamment Lost Highway, Donnie Darko (Perso, je n’ai jamais compris ce film), Perfect Days et Dune parmi ses films de prédilection.
Donner envie plutôt que donner des leçons
L’Entracte est encore jeune (lancé en août mais ayant demandé des mois de boulot), mais son ambition ne semble pas être de devenir une usine à contenus. Jeremy veut avant tout partager ce qu’il aime, transmettre sa curiosité et donner envie de pousser un peu plus loin la découverte.
Et finalement, c’est peut-être cela, le plus intéressant. Derrière L’Entracte, il n’y a pas une grande rédaction ni une armée de chroniqueurs, mais un jeune passionné qui a décidé de transformer son amour du cinéma en un espace de partage.
Dans un monde où tout va toujours plus vite, prendre le temps de parler d’un film pourrait presque devenir… révolutionnaire.
Car, avouons-le, étant son papa, je sais que mon fils veut prendre son temps pour faire les chose bien !
Intéressé ? Surement ! Rendez-vous sur l’Entracte ! C’est bien écrit, fluide, passionnant et, même si vous n’y connaissez rien (ou pas grand chose) au cinéma, c’est un délice à lire… Bravo !
