Comment la Fintech belge se finance-t-elle ?

Des dizaines de millions d’euros sont investis chaque année dans ces startups et autres scale-ups qui laissaient circonspect il y a 5 ans à peine, mais forcent désormais le respect et commencent sérieusement à titiller les banques qui s’associent finalement au mouvement.  « Beyond the Hype », le thème de la troisième édition du Fintech Belgium Summit qui aura lieu le 22 octobre à Bozar, parle de lui-même. À cette occasion, les conclusions d’une enquête inédite sur le financement et la cartographie du secteur seront divulguées. Levons ici un pan du voile…

Si l’argent est un sujet tabou en Belgique, certains ont viré leur cuti et considèrent celui qu’on investit en eux comme un signe de confiance, une reconnaissance de leur talent d’entrepreneur et une grande fierté. La fédération professionnelle Fintech Belgium asbl a ainsi missionné Avolta Partners, une des ‘boutiques M&A’ les plus dynamiques d’Europe dans le secteur des nouvelles technologies, et data.be, l’expert en structuration de données, afin de mettre en carte le secteur des Fintech belges ainsi que ses tendances en termes de financement.

« De 0 à 800 en trois ans… C’est l’accélération ambitionnée du taux d’inscriptions à notre conférence annuelle qui n’est que la partie émergée de ce qui se passe dans notre industrie », explique Jean-Louis Van Houwe, Président fraîchement élu de l’asbl Fintech Belgium. « Cette dynamique et le potentiel qui en découle, génèrent un immense enthousiasme auprès des Business Angels, Crowfunders, Capital Riskers, et autres Venture Funds belges (72%) ou internationaux (dont 16% de suisses, 8% d’américains et 4% de français). Ils nous donnent ainsi les moyens de nos ambitions alors que même le secteur public s’y met à hauteur de 10% ».

En trois ans, 69% des levées de fonds ont été réalisées au bénéfice de ‘jeunes pousses’ et 36% d’entre elles en sont, depuis lors, à leur deuxième tour d’investissement. Si environ 7% de ces starters diluent une majorité de leur capital (entre 60 et 100% d’actions), la plupart (75%) restent maîtres à bord de leur entreprise alors que 17% fleurtent avec les 50% de parts concédées. Une manière pour les Venture Capitalists de couvrir leurs risques.

La majorité des entreprises Fintech belges (60%) sont évaluées à moins de 5 millions d’euros pour le moment, ce qui est assez normal vu la jeunesse du secteur. 18% valent entre 5 et 15 millions d’euros alors que la valorisation d’un peu plus de 20% des acteurs s’envole au-delà des 15 millions. Anytime, iBanFirst, Spreds et Qover caracolent ainsi en tête du classement avec une valorisation de plus de 90 millions d’euros à elles quatre.

« Depuis 2015, rien que trois players dont deux sont issus de nos membres (iBanFirst, Qover et Rydoo-Xpenditure) ont réussi à capter 19 des plus de 55 millions d’euros levés dans le secteur des Fintech belges en pas moins de 39 levées de fonds »conclut Jean-Louis Van Houwe« Si on analyse l’innovation, la passion et l’évolution de nos 74 autres affiliés, on est en droit de penser que ce n’est qu’un début. »

L’analyse commandée par Fintech Belgium asbl a également permis d’identifier les différents business models de ses membres et d’ainsi les classifier sur base de leurs activités (allant de la méthode de paiement aux solutions blockchain, en passant par l’infrastructure, la gestion pilotée ou encore les assurances), de leur marché (BtoB, BtoC, BtoBtoC, PtoP, etc.), et enfin leur mode de commercialisation (par souscription ou commissionnement au travers d’un site internet, d’une application ou sous le format de Software As A Service).

‘La Fintech’ cède donc désormais la place ‘aux Fintechs’ ! Mais ceci est une autre histoire qui sera dévoilée dans la salle Henri Le Bœuf, lors du Summit du 22 octobre.

Bertrand Mahieu

Explorateur d'Internet depuis 1995 et toujours à la recherche de la prochaine terre promise connectée. Mangeur de chocolat, fan de cuisine, de rando et de Kindle.