Pendant des années, la réalité virtuelle nous a expliqué que l’avenir consistait à enfiler sur le visage un énorme casque qui vous faisait ressembler à quelqu’un venant de perdre le contact avec la civilisation. Meta vient peut-être de comprendre qu’entre “ordinateur sur le nez” et “casque de chantier pour jouer à Beat Saber”, il existait une autre possibilité.
Les nouvelles Meta VR Glasses, annoncées pour le printemps 2027, pèsent environ 100 grammes et embarquent des écrans micro-OLED, du suivi des yeux et des mains, du passthrough couleur et toute la petite cuisine nécessaire pour afficher un environnement virtuel devant vos yeux. Le processeur, la batterie et le stockage sont toutefois déportés dans un petit boîtier que l’on garde dans une poche, relié aux lunettes par un câble. Le tout sera vendu 1300 dollars aux États-Unis.
Meta VR Glasses
Coming Spring 2027. pic.twitter.com/fq7zL3TEzc— Meta VR (@MetaVR_Official) September 23, 2026
L’utilité la plus évidente est probablement aussi la moins spectaculaire : travailler.
Imaginez-vous dans un train avec votre MacBook posé sur une tablette ridicule de 35 centimètres, pendant que les lunettes vous affichent trois écrans virtuels autour de vous. Un pour le mail, un pour votre document et un autre pour Teams, avec suffisamment de place pour ne plus passer votre existence à réduire et agrandir des fenêtres.
Meta permet même de transformer une surface plane en clavier et trackpad virtuels grâce au suivi des mains. Ce n’est pas forcément la fin du clavier physique, mais pour travailler ponctuellement dans un avion, un hôtel ou un train, l’idée devient nettement plus intéressante.
Et accessoirement, votre voisin de train ne verra absolument rien de ce que vous faites. Ce qui est particulièrement pratique lorsque le fameux fichier Excel s’appelle « Budget_final_VRAIMENT_FINAL_v7.xlsx ».
Meta mise également énormément sur le divertissement. Les VR Glasses seront le premier appareil VR certifié IMAX Enhanced, avec des films en 3D et des environnements immersifs associés à certains contenus.
Imaginez donc un trajet Bruxelles-Paris avec un écran de cinéma virtuel gigantesque devant vous, sans avoir besoin de transporter autre chose qu’une paire de lunettes et un petit boîtier dans votre poche.
Le dispositif pourra même vous placer dans des environnements virtuels pendant certains films. Lors d’une démonstration, Road to VR a par exemple été placé dans la forge de Thor pendant une scène d’Avengers, avec l’environnement virtuel qui continuait à évoluer autour du film.
C’est totalement gadget. Mais c’est précisément le genre de gadget que l’on risque de trouver étonnamment agréable après trois heures dans un avion.
C’est là que les choses deviennent intéressantes.
Un commercial pourrait arriver chez un client avec plusieurs écrans virtuels sans sortir trois moniteurs de sa voiture. Un photographe pourrait afficher une image gigantesque devant lui pour examiner ses clichés. Un étudiant pourrait travailler dans une bibliothèque avec plusieurs écrans sans monopoliser une table entière. Un développeur pourrait avoir son terminal, son éditeur et sa documentation autour de lui.
Et quelqu’un pourrait enfin regarder un film dans son lit sans devoir négocier avec la télévision familiale.
Le suivi des mains est également pensé pour éviter les manettes : on regarde un élément, on pince les doigts pour le sélectionner et on fait glisser un doigt pour faire défiler. Road to VR a d’ailleurs trouvé cette interaction étonnamment naturelle lors de son essai.
Le système possède un gros compromis : l’autonomie annoncée du boîtier est d’environ trois heures en lecture haute résolution continue. Et le champ de vision horizontal de 70 degrés est sensiblement inférieur à celui d’un Quest 3, qui tourne autour de 110 degrés. Il faudra donc encore accepter de promener un petit ordinateur dans sa poche, relié à son visage par un câble.
Mais finalement, c’est peut-être précisément la bonne direction.
Meta ne cherche plus vraiment à vous faire entrer dans la réalité virtuelle. Il essaie de faire entrer quelques mètres carrés d’écran dans votre quotidien.
Et à 100 grammes sur le nez, cette idée commence enfin à ressembler à quelque chose que l’on pourrait réellement utiliser autrement que pour impressionner les copains pendant dix minutes.
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