Kindle ou Kobo : comment faire le bon choix ?
Choisir une liseuse aujourd’hui revient souvent à répondre à une question presque philosophique : est-ce que je veux choisir ma liseuse en fonction de la façon dont je lis, ou adapter ma façon de lire à l’écosystème que j’ai choisi ?
Face à face, Kindle et Kobo proposent des appareils excellents. Les deux affichent leurs pages sur de l’encre électronique, offrent une autonomie qui se compte en semaines plutôt qu’en heures et permettent de transporter une bibliothèque entière dans un appareil plus léger que la plupart des romans papier, transportés par brouette lors des départs en vacances.
Pourtant, je ne considère pas qu’il existe un vainqueur universel. Le bon choix dépend surtout de l’endroit où j’achète mes livres, des fichiers que je possède déjà et de mon rapport à l’écosystème Amazon.
Kindle : le choix de la simplicité
Si je lis principalement des livres achetés sur Amazon, le Kindle reste probablement le choix le plus évident.
L’écosystème est extrêmement cohérent. J’achète un livre depuis Amazon, il apparaît sur ma liseuse, mais également dans l’application Kindle sur mon smartphone ou mon ordinateur. Mes achats, mes annotations et ma progression peuvent être synchronisés entre les différents appareils compatibles.
Amazon propose également Kindle Unlimited, ainsi que l’intégration avec son univers de contenus numériques. Pour quelqu’un qui achète déjà régulièrement sur Amazon, le Kindle demande finalement très peu de réflexion.
C’est probablement son plus gros avantage : tout fonctionne ensemble.
Et il faut reconnaître que l’expérience de lecture est très bien maîtrisée. Les interfaces sont simples, les écrans E Ink sont excellents et les modèles récents offrent une très bonne réactivité.
Mais Kindle m’enferme davantage
C’est ici que les choses deviennent plus intéressantes. Amazon a développé son propre écosystème de livres numériques. Les fichiers EPUB sont désormais acceptés par Kindle, mais lorsqu’ils sont envoyés vers l’appareil, Amazon les convertit dans son environnement Kindle. Je peux donc lire un EPUB, mais ce n’est pas exactement la même philosophie que celle d’une liseuse qui accepte directement ce format.
Kobo prend ici une longueur d’avance. La liseuse de Rakuten accepte nativement une longue liste de formats, dont EPUB, EPUB3, PDF, TXT, HTML, RTF ainsi que les formats de bandes dessinées CBZ et CBR.
Pour moi, cela change beaucoup de choses si je possède déjà une bibliothèque numérique constituée ailleurs. Je peux simplement brancher ma Kobo à mon ordinateur, transférer mes fichiers et continuer à lire. Pas besoin de me demander comment faire entrer chaque livre dans l’écosystème Amazon. Evidemment, des applications telles que Calibre existe pour gérer et convertir d’un format vers un autre.
Kobo : la liseuse pour ceux qui aiment garder le contrôle
C’est probablement la principale raison pour laquelle je choisirais une Kobo. Elle me donne davantage l’impression d’acheter une liseuse qui lit mes livres, plutôt qu’une liseuse qui me demande d’abord de savoir où j’ai acheté mes livres.
Si je télécharge un EPUB légalement acheté chez un libraire indépendant, si je possède des documents personnels ou si j’utilise Calibre pour gérer ma bibliothèque, Kobo est particulièrement confortable.
Elle accepte également les bandes dessinées et plusieurs formats de documents supplémentaires, ce qui en fait une machine plus polyvalente pour ceux qui ne se limitent pas au roman classique.
Attention toutefois : cela ne signifie pas que Kobo est totalement dépourvue de DRM ou que tous les fichiers fonctionneront immédiatement. Certains livres protégés nécessitent notamment Adobe Digital Editions.
Et pour les livres empruntés à la bibliothèque ?
C’est probablement le point qui peut faire basculer mon choix vers Kobo. Certains modèles Kobo disposent d’une intégration OverDrive permettant d’emprunter directement des livres numériques auprès des bibliothèques compatibles.
Le principe est particulièrement séduisant : je peux associer ma carte de bibliothèque à ma liseuse, rechercher les livres disponibles et les emprunter sans nécessairement passer par un ordinateur.
Il faut toutefois vérifier la compatibilité avec ma bibliothèque et son système de prêt numérique, car les services disponibles varient selon les pays et les établissements. Si j’emprunte régulièrement des ebooks, je regarderais donc ce point avant même de comparer la résolution des écrans.
Kindle garde une arme redoutable : Amazon
Il serait injuste de présenter Kobo comme le choix évident. Amazon possède un énorme avantage : son catalogue et son écosystème commercial.
Si tous mes livres sont déjà achetés sur Kindle, passer à Kobo signifie que je ne vais pas simplement changer de liseuse. Je vais également devoir réfléchir à la manière dont je continue à accéder à ma bibliothèque Amazon.
Et c’est précisément là que Kindle devient difficile à quitter. Si je suis déjà profondément installé dans l’écosystème Amazon, le Kindle est généralement le choix le plus logique. Je garde mes achats, ma synchronisation, mes habitudes et mes services.
Changer pour Kobo uniquement parce que l’appareil est légèrement plus joli serait donc assez absurde.
Les liseuses couleur changent aussi la donne
Kobo propose plusieurs modèles avec écran couleur, ce qui peut être intéressant pour les bandes dessinées, mangas, magazines, livres illustrés ou couvertures.
Kindle propose également des modèles couleur dans sa gamme récente, notamment le Colorsoft. Mais je ne choisirais pas une liseuse couleur simplement parce que “couleur” est écrit sur la boîte.
Pour lire essentiellement des romans, un excellent écran noir et blanc reste à mes yeux plus pertinent. La couleur devient réellement intéressante si je compte exploiter des contenus qui en bénéficient.
Alors, Kindle ou Kobo ?
Après avoir comparé les deux écosystèmes, je ne choisirais pas une marque uniquement pour sa liseuse.
Les deux proposent aujourd’hui d’excellents écrans, une autonomie largement suffisante et une expérience de lecture très agréable. La vraie différence se trouve derrière l’écran. Kindle est le choix de la simplicité et de l’écosystème Amazon. J’achète, je télécharge et je retrouve mes livres partout. Si je suis déjà client Amazon, c’est extrêmement confortable.
Kobo est le choix de la liberté et de la flexibilité. Je peux plus facilement gérer mes propres fichiers, utiliser des formats variés et, lorsque ma bibliothèque le permet, emprunter directement des ebooks.
Personnellement, si je repartais de zéro et que je voulais conserver la plus grande liberté possible, je partirais plutôt sur Kobo. Si j’avais déjà plusieurs dizaines ou centaines de livres achetés chez Amazon, je resterais en revanche très probablement sur Kindle.
Parce qu’au fond, le choix ne se résume pas à “quelle est la meilleure liseuse ?” La vraie question est plutôt : “Est-ce que je veux une liseuse qui s’adapte à ma bibliothèque, ou une bibliothèque qui s’adapte à ma liseuse ?”
Et cette fois, la réponse peut réellement faire économiser quelques centaines d’euros… et beaucoup de migraines.
