Jusqu’ici, je regardais les enregistreurs dopés à l’IA avec une certaine distance. Je comprenais l’intérêt théorique, mais coller un accessoire magnétique au dos de mon téléphone pour obtenir une transcription souvent brute ne m’a jamais fait rêver. Et puis, je suis passé sur le stand de Plaud à l’IFA 2026 à Berlin.
Soyons clairs : la marque ne nous a pas fait de démonstration technique en direct. Nous avons eu droit à des slides bien léchés détaillant les capacités de leur nouvelle IA. Pourtant, je suis sorti de là avec des étoiles plein les yeux. Je m’imaginais déjà sortir d’une réunion interminable, glisser le boîtier dans ma poche et lui lancer : “Fais-moi le résumé, liste les actions à prendre et prépare l’e-mail de suivi”.
Le concept est enfin devenu concret. Reste à voir ce que ce Plaud One a réellement dans le ventre.
La première excellente nouvelle concerne le format. Plaud abandonne l’idée de transformer nos smartphones en briques de 300 grammes et 5 centimètres d’épaisseur avec une plaque magnétique collée au dos. Je trouve ces accessoires franchement ridicules au quotidien.
Ici, on a droit à un boîtier indépendant en aluminium au look strié, façon valise miniature ultra-compacte. C’est propre, bien fini et ça ne défigure aucun téléphone (mais peut-être ma poche). Le boîtier embarque quatre microphones beamforming capables de capter une conversation jusqu’à cinq mètres, un haut-parleur pour entendre les retours de l’IA, ainsi que deux écouteurs semi-intra légers pensés pour être portés sans s’isoler totalement du monde.
La vraie nouveauté se trouve sous le capot : une connectivité 4G LTE autonome grâce à une eSIM intégrée couvrant plus de 80 pays. L’appareil n’a plus besoin d’être connecté en Bluetooth à un smartphone pour fonctionner. Même avec votre téléphone éteint ou oublié au fond du sac, le boîtier enregistre, envoie les flux vers le cloud et déclenche les requêtes tout seul. Et ça, franchement, c’est vraiment trop la classe, non ?
La nuance majeure entre les anciens modèles (comme le Note ou le NotePin) et ce Plaud One tient en un mot : l’action. On ne se contente plus de relire un bloc de texte retranscrit.
Grâce à Plaud Agent et à ses intégrations directes avec Gmail, Notion, Slack, Microsoft Teams ou Google Calendar, la machine prend le relais. L’agent analyse l’échange, rédige le mail aux participants et cale les tâches dans vos outils sans que vous ayez à faire le moindre copier-coller. Pour les bidouilleurs, l’ouverture aux connecteurs MCP (Model Context Protocol) de Claude et à l’écosystème ChatGPT promet d’aller encore plus loin dans les automatisations sur mesure.
Autre point particulièrement bien vu : la mémoire contextuelle transverse. L’IA se souvient des réunions passées. On peut donc lui demander avant d’entrer dans un bureau : « Rappelle-moi ce qu’on a acté avec ce client il y a deux semaines ». Voire, avec un peu de mauvaise foi : “Rappelle-moi ce qui s’est dit pendant la réunion où je dormais à moitié et dis-moi comment justifier mon retard”.
L’appareil est lancé en avant-première via une Explorer Edition limitée à 2 000 exemplaires au tarif de 249,90 €, incluant environ 175 € de crédits pour faire tourner l’intelligence artificielle. Car c’est là que réside le modèle économique : si des minutes de transcription basique sont offertes chaque mois, les actions complexes de l’agent consomment des crédits.
J’en discutais avec Audrey en lui disant que la facture pouvait vite grimper et que les constructeurs trouvaient là leur nouvelle vache à lait. Sa réponse a été immédiate, et même pertinente : le temps d’un pro qui passe sa journée en réunion vaut nettement plus que 1 ou 2 euros d’IA pour lui épargner une heure de paperasse. Et elle a parfaitement raison. Si la promesse de gain de temps est tenue, le calcul de rentabilité est vite réglé.
Reste un obstacle de taille : faire entrer un micro autonome connecté en 4G permanente dans des salles de réunion d’entreprise. N’importe quel responsable sécurité (RSSI) un peu sérieux ferait une syncope à cette simple idée.
Pour éviter le blocage immédiat à la porte des comités de direction, Plaud a blindé sa fiche technique sur son stand berlinois :
Un autre argument purement géopolitique pourrait peser lourd : Plaud est une entreprise américaine. Quand on sait que de nombreuses directions informatiques bannissent d’office les appareils connectés issus de constructeurs chinois par simple principe de précaution, ce positionnement pourrait lui ouvrir des portes habituellement verrouillées à double tour.
Le Plaud One montre enfin une trajectoire enthousiasmante pour les objets dédiés à l’IA : moins de gadgets greffés à l’arrière de nos écrans, et davantage d’outils autonomes conçus pour exécuter des tâches rébarbatives à notre place. Si la version finale livrée fin 2026 tient les promesses affichées sur les slides de Berlin, beaucoup risquent de ne plus jamais vouloir prendre de notes à la main.
Je suis impatient de pouvoir tester Plaud One et démultiplier ma productivité (tout en travaillant moins).
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