OpenAI vient de sortir GPT-6 Astra et, cette fois, la société ne présente pas simplement un modèle capable d’écrire de meilleurs textes ou de résoudre quelques problèmes de maths. Astra veut carrément utiliser votre ordinateur, naviguer sur Internet, remplir des formulaires, manipuler des logiciels, produire des documents et enchaîner plusieurs tâches sans attendre que vous lui expliquiez chaque étape. En clair, le chatbot commence sérieusement à se prendre pour un collègue.
La grande nouveauté de GPT-6 Astra est son utilisation de l’ordinateur. Le modèle peut interagir avec des applications et des sites Web, remplir des formulaires, travailler dans des feuilles de calcul, effectuer des recherches et produire directement des résultats exploitables.
OpenAI annonce notamment un score de 72,6 % sur OSWorld 2.0, contre 65,7 % pour GPT-5.6 Sol, tout en réalisant les tâches en environ 40 minutes contre 75 minutes pour son prédécesseur. La société parle ainsi d’un gain de temps d’environ 47 % sur cette évaluation.
Cette évolution change surtout la manière de travailler avec l’IA. Au lieu de demander “comment dois-je faire ?”, on peut progressivement passer à “fais-le”. Astra est justement conçu pour exécuter des séquences d’actions plutôt que de simplement expliquer comment les réaliser.
Dans la vie quotidienne, les exemples deviennent particulièrement intéressants. Astra peut rechercher un appartement en ligne, comparer plusieurs offres, remplir des formulaires administratifs ou préparer un rendez-vous. Il peut également chercher un emploi, analyser plusieurs annonces et organiser les informations pertinentes.
Au bureau, il peut mettre à jour un CRM, préparer un tableau Excel, transformer des données en présentation ou rédiger un document en respectant un modèle existant. OpenAI montre également Astra capable de travailler sur Power BI, de réaliser des contrôles qualité sur un site Web ou encore de préparer certains documents juridiques.
Pour quelqu’un qui travaille beaucoup avec son ordinateur, la différence pourrait donc être assez spectaculaire : l’IA ne se contente plus de vous dire où cliquer, elle peut commencer à cliquer elle-même.
OpenAI revendique également des performances de pointe en raisonnement, programmation, recherche scientifique et utilisation d’outils. Astra atteint notamment 97,6 % sur FrontierMath Tier 4 v2, 96 % sur GPQA Diamond et 98,6 % sur ARC-AGI-3 selon les évaluations publiées par OpenAI.
La société va même jusqu’à présenter Astra comme une étape potentielle vers l’AGI, cette fameuse intelligence artificielle générale capable de dépasser l’humain dans une grande partie des tâches économiquement utiles. Le patron d’OpenAI Greg Brockman a d’ailleurs parlé du début de “l’ère AGI”.
Il faudra évidemment prendre cette déclaration avec des pincettes : les résultats dépendent des méthodes d’évaluation, des outils utilisés et des conditions de test. Un benchmark impressionnant ne transforme pas automatiquement une IA en collègue omniscient.
La puissance d’Astra pose une question beaucoup moins amusante lorsqu’on arrive à la cybersécurité. OpenAI classe pour la première fois l’un de ses modèles au niveau “Critical” dans son cadre de préparation aux risques cyber.
Lors de tests, Astra a obtenu 100 % sur ExploitBench et a même découvert deux vulnérabilités zero-day inconnues. Dans de mauvaises mains, une capacité capable de trouver automatiquement des failles peut évidemment devenir problématique.
OpenAI limite donc certaines fonctions offensives et renforce la surveillance. La version grand public ne disposera pas de toutes les capacités cyber testées en laboratoire, ce qui montre bien que le problème n’est désormais plus seulement de savoir ce que l’IA peut faire, mais aussi ce qu’on accepte de lui laisser faire.
Techniquement, Astra dispose d’une fenêtre de contexte gigantesque de 1,05 million de tokens et peut générer jusqu’à 128 000 tokens en une seule réponse. Son niveau de connaissance annoncé s’arrête au 30 avril 2026, tandis que l’API accepte notamment la recherche Web, la recherche de fichiers, le code interpreter, la génération d’images et l’utilisation de l’ordinateur.
Côté développeurs, le modèle est facturé 10 dollars par million de tokens en entrée et 50 dollars en sortie. Les très longues requêtes de plus de 272 000 tokens bénéficient cependant d’une tarification moins sympathique.
Le plus intéressant avec Astra n’est finalement peut-être pas son score à un benchmark, mais cette volonté de faire disparaître progressivement la frontière entre “demander à une IA” et “déléguer une tâche à une IA”.
Aujourd’hui, vous lui demandez de préparer un tableau. Demain, vous pourriez lui demander de chercher les informations, ouvrir Excel, construire le tableau, vérifier les données, créer une présentation et vous envoyer le résultat.
L’ordinateur devient alors moins un outil que l’environnement de travail de l’IA. Et si Astra tient ses promesses, notre principal problème ne sera peut-être bientôt plus de savoir utiliser l’intelligence artificielle, mais de savoir quoi lui confier.
Bonne nouvelle : inutile de télécharger un programme ou de sortir le tournevis. GPT-6 Astra fonctionne directement dans ChatGPT. Il suffit de se connecter à son compte depuis l’application ou le site ChatGPT et, lorsque le modèle est disponible sur son compte, de sélectionner GPT-6 Astra dans le sélecteur de modèles.
Attention : Le déploiement étant progressif, il est possible que l’option n’apparaisse pas immédiatement, même avec un abonnement compatible. Une fois Astra sélectionné, son utilisation ressemble à celle de ChatGPT, à une différence près : il peut désormais aller beaucoup plus loin qu’une simple réponse.
On peut lui demander de rechercher un appartement, remplir un formulaire, analyser plusieurs documents, préparer un tableau Excel, créer une présentation ou effectuer une recherche sur Internet. Pour les tâches nécessitant une interaction avec l’ordinateur, Astra peut utiliser l’interface à votre place et exécuter les différentes étapes, tout en demandant votre intervention lorsque votre décision est nécessaire. Autrement dit, on ne lui explique plus seulement quoi répondre, mais aussi ce que l’on souhaite obtenir, et Astra se charge de transformer la demande en véritable tâche à accomplir.
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