Elon Musk va aider le Pentagone à préparer les guerres du futur : normalement, ça devait finir en série Netflix

On pensait qu’Elon Musk avait déjà suffisamment de casquettes pour remplir un vestiaire entier : patron de Tesla, SpaceX, xAI, propriétaire de X, ancien responsable de DOGE et accessoirement milliardaire capable de lancer une fusée avant même d’avoir fini son café. Visiblement, il lui manquait encore une petite ligne sur le CV : participer à la réflexion américaine sur les guerres du futur.

Le Pentagone vient donc de lui trouver une nouvelle occupation. Les États-Unis viennent de lancer Project Meridian, une initiative chargée d’étudier à quoi pourraient ressembler les futurs conflits et surtout quelles technologies l’armée américaine devra maîtriser pour y participer. Et pour faire travailler les méninges, le Pentagone a notamment choisi d’emblée Elon Musk, mais aussi le patron d’Anduril (déjà prestataire de l’administration US depuis l’époque Baiden, nous en avions déjà parlé dans cet article), Palmer Luckey et l’ancien président de la Chambre des représentants Newt Gingrich. Rien que le casting donne déjà l’impression qu’on a mélangé un salon de la tech, Washington et un épisode de science-fiction.

Musk retourne donc au gouvernement, mais cette fois avec des drones

Project Meridian doit fonctionner pendant 120 jours et produire des recommandations sur les technologies et capacités militaires nécessaires aux futurs champs de bataille. Le projet doit notamment s’intéresser à l’intelligence artificielle, à l’autonomie, à la robotique, aux armes à énergie dirigée et aux biotechnologies.

Bref, pendant que certains essaient encore de comprendre pourquoi leur aspirateur robot refuse obstinément de retourner à sa base, le Pentagone réfléchit déjà à la prochaine génération de machines capables de se déplacer sur un champ de bataille.

Le projet doit également regarder très loin, puisque le périmètre annoncé va des environnements souterrains jusqu’aux opérations au-delà de la Lune. On ne sait pas encore si le groupe devra également prévoir une option pour les bouchons du lundi matin sur le ring de Bruxellles, mais ce serait cohérent avec l’ambition du programme.

Et forcément, Musk n’arrive pas les mains dans les poches

La présence d’Elon Musk n’est évidemment pas complètement sortie d’un chapeau. Ses entreprises travaillent déjà avec le gouvernement américain : SpaceX est un important fournisseur du Pentagone et participe notamment à des programmes liés aux communications et aux systèmes spatiaux. De son côté, xAI a conclu un accord permettant l’utilisation de Grok dans des environnements classifiés.

Autrement dit, le monsieur qui développe des fusées, des systèmes satellitaires et de l’intelligence artificielle va maintenant participer à une réflexion sur les technologies militaires de demain. À ce rythme-là, il ne manque plus qu’on lui demande de choisir le menu de la cantine du Pentagone fabriqué par des robots Teslatchebest.

Le petit détail qui fait tousser

Cette nomination soulève forcément une question assez évidente : où s’arrête le conseiller et où commence l’homme d’affaires ?

Le problème n’est pas que Musk soit un patron de la technologie. C’est justement pour cette raison qu’il a été choisi. Le Pentagone explique vouloir faire appel à des personnes venant de l’extérieur de ses structures traditionnelles afin d’imaginer les conflits futurs autrement.

Mais Musk dirige aussi des entreprises qui peuvent bénéficier de contrats publics dans les domaines concernés. Et Palmer Luckey se trouve dans une situation comparable avec Anduril. Cette proximité entre les personnes chargées de réfléchir aux technologies militaires de demain et les entreprises qui développent précisément certaines de ces technologies risque donc forcément de susciter quelques interrogations.

Et c’est là que la situation devient particulièrement intéressante. Parce que si vous demandez à un fabricant de voitures quelles seront les voitures du futur, il y a de fortes chances qu’il vous parle de voitures. Si vous demandez à un fabricant de technologies militaires à quoi ressemblera la guerre de demain, il risque également d’avoir quelques idées en stock.

La guerre du futur sera probablement beaucoup moins humaine

Derrière le côté presque burlesque du casting se cache pourtant un sujet très sérieux. Project Meridian veut justement réfléchir à un monde dans lequel les drones, les robots, l’intelligence artificielle et les systèmes autonomes pourraient prendre une place beaucoup plus importante dans les conflits.

Musk défend depuis plusieurs années l’idée que les guerres futures seront profondément transformées par les drones et les systèmes autonomes. La rupture technologique n’est donc peut-être pas simplement de fabriquer une arme plus grosse. C’est de fabriquer des machines capables d’observer, de décider, de se déplacer et éventuellement d’agir avec de moins en moins d’intervention humaine.

Et là, soudainement, le sujet devient beaucoup moins drôle, forcément.

Quand Elon Musk imagine le futur, il faut quand même regarder qui paie

Le Pentagone prévoit que Project Meridian rende ses recommandations dans les 120 jours, avec un rapport public non classifié. Le projet est présenté comme un moyen d’identifier les domaines technologiques que les États-Unis devront maîtriser pour conserver leur avantage militaire.

On peut donc résumer la situation assez simplement : l’homme qui veut envoyer l’humanité sur Mars va maintenant aider les États-Unis (et donc Trump) à réfléchir à la manière dont les humains feront la guerre sur Terre… et peut-être ailleurs.

Après les voitures qui conduisent toutes seules, les fusées qui reviennent se poser toutes seules et les intelligences artificielles qui répondent toutes seules, il ne manquait finalement plus qu’une chose : les guerres qui pourraient, elles aussi, commencer à se gérer toutes seules.

Reste simplement à espérer qu’entre deux réunions du Pentagone, quelqu’un pense encore à rappeler à tout ce petit monde que, contrairement à une mise à jour Tesla, une guerre ne dispose malheureusement pas d’un bouton “Annuler”.

Finalement, il ne manquait plus que ça

Elon Musk avait déjà suffisamment de projets pour occuper une dizaine de milliardaires, mais apparemment, il lui restait encore quelques heures dans la journée. Le voilà donc parti pour réfléchir aux guerres de demain, entre deux fusées, trois voitures autonomes et quelques publications sur X.

Après les voitures qui conduisent toutes seules, les fusées qui atterrissent toutes seules et les IA qui commencent à répondre à notre place, l’étape suivante semble donc assez logique : les machines qui feront peut-être la guerre toutes seules.

Et franchement, avec notre magnifique bilan en matière de décisions humaines, je comprends presque l’idée. Presque. Parce qu’entre confier à une IA le choix d’un film sur Netflix et lui demander de déterminer qui mérite de recevoir un missile, il y a quand même une petite différence. Mais bon… Elon doit sûrement avoir une mise à jour pour ça.

Allez, je vais retourner en cuisine, sans Thermomix avec une bête poêle en inox, un bon couteau… et sans IA pour la recette.

Sources

 

 


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Bertrand

Bertrand

Explorateur d'Internet depuis 1995 et toujours à la recherche de la prochaine terre promise connectée. Mangeur de chocolat, fan de cuisine, de rando et de Kindle.