Tesla FSD : je l’ai testé sur plusieurs milliers de kilomètres en Belgique, alors pourquoi l’Europe hésite encore ?
Tesla peut faire rouler son Full Self-Driving en Belgique, mais cela ne signifie pas pour autant que l’Europe lui a donné carte blanche. C’est justement là que la situation devient assez particulière : le FSD est déjà utilisable chez nous, des milliers de kilomètres sont parcourus (notamment en Belgique), mais son avenir réglementaire à l’échelle européenne n’est toujours pas définitivement tranché.
Et pendant ce temps, Tesla continue de faire évoluer son système.
En Belgique, je l’ai testé sur plusieurs milliers de kilomètres
Je préfère commencer par mon expérience personnelle, parce qu’elle est assez différente de certains retours récemment publiés. J’utilise le FSD de Tesla en Belgique depuis plusieurs milliers de kilomètres et, très franchement, je n’ai rencontré aucun problème particulier. Bon allez, si juste une fois, un camion voulait se rabattre sur moi et j’étais pris en sandwich contre une autre voiture. La voiture ne savait pas quoi faire alors j’ai appuyé pied au plancher.
La voiture gère les routes urbaines, les changements de direction, les ronds-points, les intersections, les changements de voie et l’autoroute avec une facilité assez impressionnante.
Évidemment, je reste attentif (plus ou moins) et prêt à reprendre le contrôle. Le FSD actuel reste un système de conduite supervisée et Tesla rappelle que le conducteur est responsable du véhicule. Après plusieurs milliers de kilomètres, mon expérience est plutôt positive. Son plus gros défaut va vous surprendre : je m’ennuie à regarder la route et à ne rien faire. Ça me donne envie de dormir et c’est l’ennui qui devient dangereux, pas la conduite autonome.
L’Europe n’a toujours pas vraiment dit oui
Le Full Self-Driving de Tesla n’est pas encore considéré comme un système de conduite autonome totalement autorisé en Europe.
Tesla a obtenu des autorisations permettant de proposer le FSD supervisé dans certains pays, dont la Belgique, mais une validation européenne plus large reste attendue. Un vote européen qui devait notamment permettre d’avancer sur le sujet a été repoussé à décembre.
Autrement dit, Tesla peut actuellement faire tester et utiliser son système dans certaines conditions, mais la question de son déploiement plus large n’est toujours pas réglée.
Et c’est assez paradoxal. D’un côté, Tesla a déjà des voitures qui roulent avec le FSD sur nos routes, de l’autre, les autorités européennes continuent de se demander si le système répond suffisamment aux exigences réglementaires.
Les limitations de vitesse posent notamment question
Les inquiétudes ne sont évidemment pas sorties de nulle part. Des tests réalisés récemment en Belgique ont notamment mis en évidence des problèmes concernant la reconnaissance des limitations de vitesse. Sur certaines portions, le système aurait adopté une vitesse supérieure à celle autorisée.
Reuters a rapporté les résultats de ces essais, tandis que Les Numériques revient également sur les difficultés rencontrées par Tesla pour obtenir une validation européenne plus large.
Et c’est probablement là que se situe une partie du problème. Un conducteur humain peut lui aussi rater un panneau, mais lorsqu’on parle d’un système que Tesla présente comme capable de gérer pratiquement seul la conduite, le niveau d’exigence attendu est forcément beaucoup plus élevé.
Mon expérience ne correspond pourtant pas à ce tableau inquiétant
C’est là que je trouve le débat intéressant. Après plusieurs milliers de kilomètres en Belgique, je n’ai personnellement pas rencontré ces problèmes de manière suffisamment importante pour considérer le FSD comme inutilisable. Cela ne veut évidemment pas dire que les tests qui mettent en évidence des défauts sont faux.
Cela veut simplement dire que l’expérience peut être différente selon les trajets, les conditions et les situations rencontrées. Et surtout, mon expérience personnelle ne permet évidemment pas de conclure que le système est parfait. C’est d’ailleurs tout le principe du FSD supervisé : Tesla demande toujours au conducteur de surveiller la voiture et d’être capable d’intervenir. Prendre un chewing-gum situé dans le porte gobelet et la voiture bipe dans tous les sens en disant de se tenir prêt à reprendre le contrôle du véhicule.
Et si Tesla prolongeait encore la période gratuite ?
Il y a un autre élément assez intéressant dans cette histoire. Tesla a proposé une période d’essai gratuite de deux mois dans certains pays européens, dont la Belgique. Cette période arrive à son terme ce 2 octobre.
Alors que le dossier européen est toujours en attente et que le vote a été repoussé, je ne serais pas surpris que Tesla décide de prolonger cette période gratuite afin d’obtenir des données démontrant la fiabilité du système. Plus les voitures utilisent le FSD sur les routes européennes (où c’est autorisé), plus Tesla peut accumuler de kilomètres et de situations réelles sur notre réseau routier.
Attention toutefois : Tesla n’a pas annoncé que c’était la raison de la gratuité. C’est simplement une hypothèse qui me paraît assez logique.
Alors, pourquoi l’Europe hésite-t-elle encore ?
C’est finalement toute la question. Parce que lorsqu’on utilise le FSD aujourd’hui, on peut avoir l’impression que la technologie est déjà très avancée. Je l’ai moi-même constaté sur plusieurs milliers de kilomètres en Belgique.
Mais pour une autorité européenne, la question n’est pas seulement de savoir si le système fonctionne bien la majorité du temps. Il faut également déterminer ce qui se passe lorsqu’il ne fonctionne pas correctement, dans quelles conditions le conducteur doit intervenir, comment le système réagit aux particularités des routes européennes et surtout si son comportement respecte l’ensemble des exigences réglementaires.
Tesla semble donc avoir encore quelques cases à cocher avant d’obtenir une validation plus large. En attendant, le FSD continue de rouler chez nous mais de manière payante !
Personnellement, après plusieurs milliers de kilomètres en Belgique sur lesquels je suis entièrement satisfait de la conduite, je serais curieux de voir ce que Tesla pourrait améliorer avec quelques millions de kilomètres supplémentaires.
Reste à savoir si l’Europe donnera finalement son feu vert… ou si Tesla (et ses conducteurs impatients) devra encore patienter.
Ressources utiles
- Reuters – Tesla gets go-ahead to sell self-driving technology in Belgium
- Reuters – Tesla’s supervised self-driving system often misreads speed limits, Belgian safety group finds
- Reuters – EU vote on Tesla’s supervised self-driving system pushed back
- Reuters – Safety group urges EU to reject Tesla FSD over speed offset
- Tesla – Full Self-Driving (Supervised) en Belgique
- Tesla – Abonnement Full Self-Driving (Supervised)
- Tesla – Période d’essai Full Self-Driving (Supervised)

