Digger : Tom Cruise abandonne enfin les cascades pour quelque chose de plus dangereux
Tom Cruise a passé une bonne partie de sa carrière à courir. Il a couru dans des aéroports, dans des rues, sur des toits, dans des montagnes, derrière des avions, devant des explosions et, de manière générale, dans toutes les directions possibles dès qu’un réalisateur criait “Action !”. Il a même fini par courir suffisamment longtemps pour que l’on puisse raisonnablement se demander si ses films n’étaient pas financés par une quelconque association internationale de promotion de l’endurance.
Et puis arrive Digger, le nouveau film d’Alejandro González Iñárritu, qui propose une idée assez radicale : et si Tom Cruise arrêtait de sauver le monde pour quelques minutes et devenait celui qui contribue à le mettre en danger ?
Rien que pour cela, le film mérite déjà notre attention.
Tom Cruise joue enfin quelqu’un qui n’a pas envie de sauver tout le monde
Dans Digger, Cruise incarne Digger Rockwell, un richissime magnat du pétrole aussi excentrique que puissant, dont les décisions ont légèrement tendance à produire des conséquences disproportionnées. Et lorsqu’une catastrophe environnementale menace de transformer son petit coin de paradis industriel en cauchemar planétaire, notre homme entreprend évidemment de sauver l’humanité.
Parce qu’il faut bien reconnaître que les milliardaires ont une relation assez particulière avec les catastrophes qu’ils provoquent : lorsqu’elles commencent à devenir embarrassantes, elles se transforment mystérieusement en opportunités de leadership.
Le personnage est donc à des années-lumière d’Ethan Hunt, l’agent secret de Mission: Impossible qui passe son temps à empêcher la planète de partir en morceaux. Digger Rockwell, lui, semble plutôt avoir contribué au problème avant de se découvrir soudainement une vocation de solution.
Et c’est précisément ce qui rend le rôle particulièrement intéressant pour Tom Cruise.
Un Tom Cruise que l’on n’a pas l’habitude de voir
Digger constitue surtout un changement assez spectaculaire dans la carrière récente de l’acteur, puisqu’il s’agit de son premier grand rôle hors franchise depuis plusieurs années. Après avoir passé son temps à incarner Ethan Hunt et à ressortir périodiquement Maverick de son garage pour sauver l’honneur du cinéma spectaculaire, Cruise revient donc avec un personnage beaucoup moins héroïque et nettement plus étrange.
Il joue ici un homme vieillissant, bedonnant, chauve, excentrique et manifestement beaucoup moins intéressé par l’idée de courir vingt kilomètres avec une bombe dans les mains.
Le teaser montre même Cruise danser avec une pelle. Oui, une pelle.
Après avoir sauté d’une falaise en moto et s’être accroché à des avions en vol, l’acteur semble donc avoir atteint une nouvelle étape dans son parcours cinématographique : l’outil de jardinage.
Et finalement, c’est peut-être ça, la véritable prise de risque.
Alejandro González Iñárritu derrière la caméra
À la réalisation, on retrouve Alejandro González Iñárritu, ce qui ajoute immédiatement une couche de sérieux intellectuel à ce qui ressemble pourtant à une gigantesque crise existentielle sous pétrole.
Le réalisateur mexicain est notamment derrière Birdman, The Revenant et Babel, trois films qui ne donnent pas exactement l’impression d’avoir été conçus autour de la question « Est-ce qu’on pourrait mettre Tom Cruise avec une pelle ? ».
Iñárritu est également quatre fois oscarisé et s’est forgé une réputation de cinéaste particulièrement exigeant, capable de transformer une histoire relativement simple en expérience cinématographique existentielle dont on ressort parfois avec l’impression d’avoir besoin d’un week-end supplémentaire pour récupérer.
Avec Digger, il semble cependant avoir décidé de mettre un peu plus de folie dans la machine.
Le réalisateur décrit lui-même le film comme une comédie brutale et totalement débridée, avec une dimension catastrophique particulièrement assumée. Et lorsqu’Iñárritu explique que Cruise le fait rire tous les jours sur le tournage, on comprend que le duo a probablement trouvé une manière assez originale de réinventer le concept de comédie.
Quand Tom Cruise devient le problème
Le scénario pourrait presque passer pour une caricature de notre époque : un homme extrêmement riche, extrêmement puissant et extrêmement sûr de lui provoque une catastrophe environnementale avant de décider qu’il est précisément la personne idéale pour régler le problème.
On attend presque l’apparition d’un consultant expliquant que la catastrophe représente une « formidable opportunité de transformation ».
Digger semble ainsi jouer avec la figure du milliardaire persuadé que son argent, son intelligence et son charisme lui donnent naturellement les compétences nécessaires pour réparer les dégâts causés par son propre ego.
Et qui mieux que Tom Cruise pour incarner ce personnage ?
Pendant des décennies, Hollywood nous a expliqué que Cruise était capable de sauver l’humanité. Digger semble simplement poser une question beaucoup plus amusante : et s’il était, cette fois, une partie du problème ?
Un casting qui ne plaisante pas vraiment
Autour de Cruise, Iñárritu a réuni un casting particulièrement solide avec Riz Ahmed, Sandra Hüller, Jesse Plemons, John Goodman et Michael Stuhlbarg, auxquels s’ajoutent notamment Sophie Wilde et Emma D’Arcy.
Autrement dit, même si Tom Cruise se promène avec une pelle, personne autour de lui n’a décidé de transformer le film en simple farce hollywoodienne.
Le contraste pourrait d’ailleurs être l’un des principaux intérêts de Digger : un acteur mondialement connu pour ses performances physiques se retrouve plongé dans une satire noire entouré de comédiens capables de donner à l’ensemble une dimension beaucoup plus grinçante.
Tom Cruise peut-il réellement ralentir ?
La question reste évidemment de savoir si Tom Cruise est capable de faire un film dans lequel il ne passe pas 80 % du temps à tenter de mourir de manière spectaculaire.
La réponse devrait arriver avec Digger, qui a été tourné en VistaVision et en IMAX, preuve que même lorsqu’il décide de faire une comédie noire, Cruise ne semble toujours pas avoir découvert le bouton « économie d’énergie ».
Le film sortira dans les salles américaines le 2 octobre 2026, avec un lancement international à partir du 30 septembre.
Et si Digger tient réellement ses promesses, Tom Cruise pourrait bien démontrer qu’il est capable de prendre un risque autrement plus intéressant qu’un saut depuis une falaise : jouer un personnage profondément ridicule, inquiétant, arrogant et parfaitement humain.
Après avoir passé trente ans à courir pour sauver le monde, Tom Cruise va donc essayer quelque chose de nouveau : incarner un milliardaire qui pourrait bien être responsable de sa destruction.
Finalement, Digger n’est peut-être pas seulement un changement de registre pour Tom Cruise.
C’est peut-être simplement la première fois qu’Hollywood lui demande de courir après les conséquences de ses propres décisions.
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Ajouté le 25/08/2026

