Arnaque Binance : j’ai passé 41 minutes au téléphone avec des escrocs, voici leurs méthodes

Je pensais commencer ma journée tranquillement, avec un café et quelques actualités à consulter. Mais visiblement, des escrocs avaient prévu une autre activité pour moi : me sauver d’un piratage Binance dont je n’avais même pas connaissance. Quelle délicate attention ! Je vous raconte tout ça en détail. C’est parti !

Vendredi 6 novembre, 7h58. 

Je reçois un appel provenant d’un numéro fixe belge. Au bout du fil, un répondeur m’annonce que Binance vient de subir une cyberattaque et que mon compte fait partie des comptes concernés. Pour récupérer mon argent, je dois immédiatement appuyer sur la touche 1. Le message insiste lourdement sur l’urgence de la situation. Par curiosité, et surtout parce que je souhaite voir jusqu’où cette histoire va aller, j’appuie sur 1. Apparemment, le système n’a pas enregistré mon choix puisqu’il me répète que je dois absolument recommencer pour vérifier mon compte. Je m’exécute une seconde fois… et l’appel se termine. 

Bon, le début n’est pas très convaincant, mais l’histoire ne fait que commencer. 

8h06 : premier contact avec le faux support Binance 

Quelques minutes plus tard, mon téléphone sonne à nouveau. Cette fois, c’est une femme qui se présente comme faisant partie du support Binance. Elle adopte immédiatement un ton professionnel et commence par m’expliquer que la plateforme a été piratée et que mon compte fait partie de la liste des comptes touchés. Elle donne quelques explications sur l’incident, en reprenant des informations publiques que l’on peut facilement retrouver sur Internet. Sans doute une manière de légitimer son appel et de me mettre en confiance.

Premier détail assez étrange : la qualité de la communication est vraiment mauvaise. On dirait un appel passé via une connexion VoIP (Voice over IP). L’appel finit d’ailleurs par couper. Je suis presque déçu, car j’avais envie de pousser un peu plus loin mon investigation. 

Heureusement, la même personne me rappelle directement après la coupure. Elle me demande un peu agacée si c’est moi qui ai raccroché et pour quelle raison. J’imagine qu’elle cherche à savoir si j’ai interrompu la conversation parce que je soupçonnais une tentative d’arnaque. Je la rassure en expliquant que la qualité de la ligne est mauvaise et que je suis content qu’elle me rappelle. L’enquête peut reprendre ! 

Une analyse de sécurité qui prend son temps 

La première question porte sur les applications installées récemment sur mon téléphone. Elle m’explique que l’une d’elles pourrait être corrompue et que les pirates auraient pu l’utiliser pour accéder à mon compte. Je lui explique que Binance est installé sur un ancien téléphone que je n’utilise pratiquement plus et que je n’ai rien installé récemment. 

S’en suit un silence de plusieurs minutes. Je lui demande si elle est toujours là. Elle me répond que oui, mais que l’analyse prend du temps.

Deuxième question : ai-je effectué des transactions en cryptomonnaies récemment ? Je lui réponds que non et que je n’utilise plus mon compte Binance depuis cinq ou six ans, ce qui est parfaitement vrai.  Nouveau silence de plusieurs minutes. Je lui demande une nouvelle fois si elle est toujours en ligne. Même réponse : l’analyse prend du temps. 

Finalement, elle m’explique que son analyse est assez complexe et que son responsable est venu lui donner un coup de main. Et là, les choses deviennent intéressantes : son responsable aurait identifié une connexion à mon compte depuis un iPhone 15 Pro Max situé en Italie. Rien que ça ! Je ne me fais pas pirater par n’importe qui !  Elle me demande si je suis allé en Italie récemment, je réponds que non. 

Pendant ce nouveau long silence, j’en profite pour ouvrir mon application Binance et vérifier les journaux de connexion. Je fais la même chose avec mon adresse e-mail, puisque c’est elle qui permettrait éventuellement de récupérer mon mot de passe Binance. Je ne trouve absolument rien de suspect.

Ces longs silences commencent d’ailleurs à m’intriguer. J’imagine qu’ils cherchent des informations supplémentaires pour tenter de pirater mon compte. 

Les fameuses attaques silencieuses 

La conversation reprend avec une nouvelle question : est-ce que je me suis connecté à un réseau Wi-Fi public récemment ? Je lui explique que ce vieux téléphone ne sort jamais de chez moi, puisque je ne l’utilise plus. Nouveau silence. 

À ce stade, je commence à trouver le temps long. Je lui explique que je n’ai pas énormément de temps devant moi, car je vais entrer en réunion (petite précision : c’est faux). Elle me répond que c’est moi qui vois, mais que si je décide d’interrompre la procédure, Binance décline toute responsabilité en cas de piratage de mon compte. Ah, on commence à mettre un peu de pression !

Je lui demande combien de temps l’analyse peut encore prendre. Elle m’annonce une dizaine de minutes. Je lui signale alors que dans les journaux de connexion de mon compte, je ne vois aucune tentative suspecte. La parade est déjà trouvée, elle m’explique qu’il s’agit d’attaques silencieuses de haute technologie, précisément le genre d’attaques invisible qui a permis le piratage de Binance tellement elles sont complexes. 

Pour information, j’avais lu le dossier consacré à cette cyberattaque sur Tinynews. Son explication ne correspondait pas aux informations que j’avais pu consulter. Mais je fais semblant de la croire et je poursuis la conversation. 

Elle me demande ensuite si j’utilise l’adresse e-mail associée à Binance sur d’autres services. Je réponds que oui. Elle veut savoir lesquels, mais je lui explique que je ne sais plus exactement. Elle me suggère Netflix. Je réponds que c’est probablement le cas. Pendant ce temps, je continue à vérifier mon compte et ma boîte mail. Toujours rien. 

J’imagine alors qu’ils disposent d’une base de données contenant des mots de passe compromis et qu’ils tentent de les réutiliser sur Binance. Sauf que, dans mon cas, mon mot de passe est particulièrement solide et a été généré par une application dédiée. 

Le moment où je décide de sortir l’artillerie lourde 

Je lui explique que je dois vraiment interrompre l’appel à cause de ma réunion. Et là, je décide de tenter quelque chose : je lui annonce qu’il n’y a que 15 € sur mon compte Binance. C’est faux, il y a davantage, mais je voulais voir sa réaction. Elle me répond que c’est moi qui vois, mais que 15 €, ce n’est pas rien quand même. Effectivement… présenté comme ça ! 

Un nouveau silence s’installe. Je lui demande si elle est toujours là, puis la communication finit par couper. 

Bilan : les deux appels avec cette première interlocutrice auront duré au total 32 minutes. Je me dis que l’enquête est terminée. Je peux maintenant bloquer le numéro et passer à autre chose. C’était sans compter sur la suite. 

9h12 : changement d’interlocuteur, changement de méthode 

Une trentaine de minutes plus tard, mon téléphone sonne à nouveau. Le numéro commence par les mêmes chiffres que le précédent : 02/315xxx. Cette fois, c’est un homme qui m’appelle. Dès les premières secondes, son ton est nettement plus direct que celui de sa collègue. L’approche commerciale et rassurante semble avoir laissé place à une méthode beaucoup plus autoritaire.

Il se présente rapidement et m’explique qu’il me contacte au sujet du piratage de Binance. Je lui réponds que le problème a déjà été réglé avec sa collègue. Il me demande de quelle collègue je parle. Je lui réponds que c’est la personne qui vient de m’appeler et il me demande son prénom, mais je lui explique que je ne l’ai pas retenu.

Première réaction assez surprenante : il devient agressif et me demande comment je peux ne pas avoir retenu le prénom de la personne qui vient de passer plus de trente minutes avec moi. 

Je lui réponds gentiment que je n’ai pas non plus retenu le sien et que j’aimerais bien qu’il me le répète. Il me répond : « Julien Dubois ». Je lui lance un « Haaaa oui, Julien Dubois ». Il me demande immédiatement, sur un ton agressif, si cela me pose un problème. Non, Julien, aucun problème ! 

Je lui explique que, pour moi, le dossier est clos et que je n’ai pas vraiment de temps à consacrer à une histoire concernant 15 €. Contrairement à sa collègue, Julien a une approche nettement moins diplomatique. 

De victime potentielle à fraudeur européen ! 

Plus la conversation avance, plus le ton devient agressif. Il m’explique qu’il voit dans son système de crypto-européen que je possède également des cryptomonnaies sur d’autres plateformes. Je lui réponds que non. Ce n’est pas vrai, mais je n’ai aucune intention de lui donner la moindre information. Il me cite alors plusieurs plateformes dont je n’ai jamais entendu parler. Je lui réponds qu’à ma connaissance, je ne possède rien ailleurs. 

Et là, changement complet de stratégie. Je ne suis plus simplement une victime potentielle d’un piratage. Je serais désormais impliqué dans une affaire de dissimulation de cryptomonnaies au niveau européen ! Un genre d’Al Capone moderne. Selon lui, plus de 25 000 € de cryptomonnaies seraient déclarés à mon nom, toutes plateformes confondues, sur une sorte de plateforme fiscale européenne (j’avoue que je n’ai rien compris).

Il m’explique que si je ne coopère pas, il sera dans l’obligation légale de me dénoncer au fisc. On passe de la protection de mes économies à une menace fiscale, le tout en quelques minutes.

Il m’explique que la chaîne de tokens liée à mes cryptomonnaies aurait été piratée et que le problème ne concernerait pas uniquement Binance, mais également mes autres portefeuilles et plateformes. Je n’ai rien compris et pas sûr d’avoir tout retenu. Pour vérifier mon identité et sécuriser l’ensemble, il aurait besoin de mes passphrases, autrement dit mes phrases de récupération de portefeuille (Seed Phrases) cryptos. Oui, rien que ça. 

Je lui réponds que je ne me souviens de rien. Il commence alors à me reprocher de ne pas le prendre au sérieux. Il enchaîne les termes techniques, les histoires de chaînes de tokens, de portefeuilles, de plateformes européennes et de sécurité. Honnêtement, je ne comprends pas grand-chose à ce qu’il raconte. Je ne suis même pas certain que toutes ses explications aient un sens technique. Mais une chose est certaine : il veut absolument obtenir mes phrases de récupération. 

25 000 € sortis de nulle part ! 

Je lui explique que je ne comprends pas d’où viennent ces 25 000 € et que je suis très loin de posséder une telle somme en cryptomonnaies. Il insiste : les informations sont bien présentes dans son système. Si je refuse de coopérer, je risque non seulement de perdre toutes mes cryptomonnaies, mais également d’être convoqué par les autorités pour fraude fiscale liée aux cryptomonnaies européennes. 

Le chiffre de 25 000 € est intéressant. Il est suffisamment élevé pour susciter la curiosité et surtout pour faire monter la pression. Après tout, si quelqu’un m’annonce que j’ai potentiellement 25 000 € quelque part, je pourrais être tenté de vouloir comprendre d’où vient cet argent. 

Je décide alors de pousser un peu plus loin le jeu. Je lui suggère que c’est peut-être mon fils qui aurait effectué des placements sans m’en parler. Il me répond que ce n’est pas possible, puisque tout est enregistré à mon nom. Je lui explique alors qu’il utilise peut-être mon compte pour investir. Il me demande quel âge a mon fils. Je lui réponds qu’il a 19 ans. 

Son conseil est sans appel : je dois absolument aller lui poser la question immédiatement. Selon lui, si je ne fais rien, tout l’argent risque de disparaître dans les 18 heures maximum. Je lui explique que mon fils dort parce qu’il est malade (encore une fois, c’est totalement faux). Il me demande alors de le réveiller immédiatement, car nous parlons tout de même de plus de 25 000 € de cryptomonnaies ! 

Je lui réponds que non, mais qu’à son réveil, je ne manquerai pas de le féliciter d’avoir réussi à transformer son argent de poche en 25 000 €. Visiblement, Julien n’apprécie pas beaucoup mon humour. Il devient encore plus agressif, me reproche de me moquer de lui et insiste pour que j’aille réveiller mon fils afin de lui demander sur quelle plateforme il a placé ses cryptomonnaies. 

Face à mon refus, il me demande même si je pense que cet appel est frauduleux. Je lui réponds que non et que je crois fermement tout ce qu’il me raconte. Je continue donc à jouer le jeu, même si son discours devient de plus en plus difficile à écouter et son agressivité énervante. 

Le fisc et la disparition de mes cryptos 

Julien finit par me demander de le rappeler d’urgence dès que mon fils sera réveillé. Sinon, deux catastrophes vont se produire : le fisc sera informé de ma fraude aux cryptomonnaies et toutes mes cryptomonnaies, sur toutes les plateformes, risquent d’être volées par le pirate italien. 

Je lui demande de me donner le numéro auquel je dois le rappeler. Il me répond que je n’ai qu’à utiliser celui qui s’affiche sur mon smartphone. Je lui explique que je n’ai pas mes lunettes et que je préfère qu’il me dicte le numéro. Et là, nouvelle explication assez amusante : il m’indique qu’il ne connaît pas le numéro, car les appels proviennent de numéros de call center aléatoires. Pratique, quand même ! 

Je lui confirme donc que je le rappellerai dès que mon fils sera réveillé. Ce que je ne ferai évidemment jamais.  L’appel avec Julien aura duré environ 9 minutes. En additionnant les deux interlocuteurs, j’aurai donc passé près de 41 minutes au téléphone avec ces faux conseillers. 

Conclusion : une arnaque qui joue sur tous les tableaux 

Ce qui m’a le plus frappé dans cette expérience, c’est la construction du scénario et la manière dont les interlocuteurs adaptent leur discours au fur et à mesure de la conversation. 

On ne se contente pas ici d’un SMS mal traduit avec un lien douteux. On a affaire à une véritable mise en scène, avec un répondeur, plusieurs interlocuteurs, des informations techniques, des temps d’attente et même un prétendu responsable qui intervient pour renforcer la crédibilité du premier appel. 

Les 10 techniques de manipulation utilisées par les escrocs

Le scénario repose sur une succession de techniques psychologiques destinées à instaurer la confiance, provoquer la peur et pousser la victime à agir sans réfléchir.

01 — L’URGENCE
Annoncer un piratage et exiger une réaction immédiate, avant que la victime ait le temps de réfléchir ou de vérifier les informations.
02 — LA CRÉDIBILITÉ
Exploiter une véritable actualité concernant Binance et des informations publiques pour rendre l’histoire vraisemblable.
03 — LA FAUSSE EXPERTISE
Multiplier les termes techniques, les explications complexes et les prétendues analyses de cybersécurité pour impressionner la victime.
04 — LA MANIPULATION PSYCHOLOGIQUE
Poser des questions sur les habitudes de la victime pour donner l’impression d’une enquête personnalisée et approfondie.
05 — LES LONGS SILENCES
Simuler une analyse informatique en laissant de longues pauses, afin de renforcer l’impression d’une intervention technique sérieuse.
06 — LE CHANGEMENT D’INTERLOCUTEUR
Faire intervenir une deuxième personne, plus autoritaire, pour modifier le rapport de force et reprendre le contrôle de la conversation.
07 — LA FAUSSE INFORMATION FINANCIÈRE
Évoquer un patrimoine supérieur à 25 000 €, prétendument déclaré auprès d’un système fiscal européen, pour susciter la curiosité et augmenter les enjeux.
08 — LA MENACE FISCALE
Faire passer la personne du statut de victime à celui de fraudeur potentiel, pour provoquer la peur et la déstabiliser.
09 — L’EXPLOITATION DE LA CONFIANCE
Réclamer les phrases de récupération des portefeuilles sous prétexte de vérifier l’identité et de sécuriser les fonds.
10 — LA PRESSION FAMILIALE
Impliquer mon fils et me pousser à le réveiller immédiatement, afin de créer une nouvelle urgence et d’accentuer la pression émotionnelle.

Le signal d’alarme absolu : la phrase de récupération

Aucun véritable conseiller Binance, expert en cybersécurité ou organisme officiel ne doit vous demander votre phrase de récupération (seed phrase).
La communiquer revient à donner les clés de votre portefeuille.
Si un interlocuteur la réclame, interrompez immédiatement la conversation.

Le plus inquiétant, c’est que les deux interlocuteurs ne semblent pas improviser complètement leur discours. Ils ont une trame bien construite et savent changer de stratégie lorsque la première approche ne fonctionne pas. 

La première interlocutrice joue la carte du conseiller technique et rassurant. Le second adopte celle du responsable autoritaire, qui prétend détenir des informations confidentielles et n’hésite pas à brandir la menace fiscale. 

Et surtout, ils ne cherchent pas simplement à récupérer un mot de passe. Ils veulent obtenir les Seed Phrases, ces fameuses suites de mots qui permettent de restaurer un portefeuille crypto. Il ne s’agit absolument pas d’un moyen normal de vérifier une identité sur Binance. Celui qui possède la phrase de récupération d’un portefeuille non custodial peut potentiellement en prendre le contrôle et accéder aux fonds. 

Les 5 réflexes pour éviter l’arnaque

Face à un appel alarmant concernant vos cryptomonnaies, quelques règles simples peuvent vous éviter de perdre vos économies.

01 — Méfiez-vous des appels inattendus
Binance ne vous appellera pas spontanément pour vous demander de sécuriser vos cryptomonnaies. Un interlocuteur qui prétend intervenir en urgence doit immédiatement éveiller vos soupçons.

02 — Gardez votre phrase de récupération secrète
Ne communiquez jamais votre phrase de récupération à un conseiller, un technicien ou un prétendu responsable de la sécurité. Elle permet de prendre le contrôle de votre portefeuille.

03 — Refusez les transferts vers un portefeuille « sécurisé »
Ne transférez jamais vos cryptomonnaies vers une adresse fournie par un interlocuteur qui prétend protéger vos fonds. Ce prétendu portefeuille de secours pourrait appartenir directement à l’escroc.

04 — Ne cédez pas aux menaces fiscales
Une menace de dénonciation au fisc ne constitue pas une preuve de fraude. Les escrocs utilisent la peur d’un contrôle fiscal pour déstabiliser leurs victimes et leur faire accepter des demandes inhabituelles.

05 — Raccrochez et vérifiez par vous-même
En cas de doute, interrompez la conversation. Ouvrez vous-même l’application Binance ou saisissez directement l’adresse de son site officiel pour contacter son assistance. N’utilisez pas les liens ou numéros transmis par votre interlocuteur.

À retenir : l’urgence est souvent le piège

Un véritable incident de sécurité ne vous oblige jamais à communiquer vos secrets ou à déplacer immédiatement vos cryptomonnaies vers un portefeuille inconnu. Si quelqu’un vous presse d’agir, arrêtez la conversation et vérifiez l’information indépendamment. 

Il faut également préciser que la réglementation européenne DAC8 existe réellement depuis le 1er janvier 2026. Elle prévoit une collecte d’informations sur les transactions crypto par les prestataires concernés et leur transmission aux administrations fiscales. Mais cela ne donne évidemment aucun pouvoir à un prétendu conseiller Binance pour menacer un client par téléphone ou lui réclamer ses phrases de récupération. 

Dans mon cas, je n’ai communiqué aucune information sensible, je n’ai validé aucune opération et je n’ai installé aucun logiciel. Mon compte n’a donc, à ma connaissance, pas été compromis. 

Un autre détail mérite d’être souligné : les interlocuteurs ne m’ont jamais demandé mon nom, mon adresse e-mail ou d’autres informations personnelles permettant de m’identifier. Ils semblaient simplement disposer de mon numéro de téléphone et d’une histoire suffisamment bien préparée pour donner l’impression qu’ils connaissaient mon dossier. 

Mais je comprends parfaitement qu’une personne moins méfiante, moins habituée aux cryptomonnaies ou simplement stressée par la perspective de perdre ses économies puisse se faire avoir. 

Bref, derrière un scénario plutôt bien ficelé, le but est toujours le même : vous faire peur, vous faire perdre vos moyens et vous pousser à donner vous-même les clés de votre portefeuille. 

Et si un certain Julien Dubois vous appelle pour vous annoncer que vous possédez 25 000 € de cryptomonnaies dont vous ignorez l’existence, vous pouvez toujours lui demander de vous envoyer un relevé par courrier. Mais je doute qu’il ait beaucoup de temps à consacrer à cette formalité ! 

Attention : signalez aussi les tentatives d’arnaque !

Vous avez reçu un appel suspect concernant Binance ou vos cryptomonnaies ? Même si vous n’avez communiqué aucune information et perdu aucun argent, pensez à signaler la tentative. Ces signalements peuvent aider les autorités et les plateformes à repérer les méthodes utilisées par les escrocs.

01 — SPF Économie : signaler une arnaque

Pour signaler une tentative d’escroquerie ou une pratique frauduleuse en Belgique, utilisez le portail officiel ConsumerConnect.

Accéder à ConsumerConnect

02 — Safeonweb : transmettre un message suspect

Si vous avez reçu un e-mail, un SMS ou un message frauduleux, transférez-le à suspect@safeonweb.be. Pour les SMS, une capture d’écran peut être envoyée. Cette adresse est destinée aux messages suspects, pas aux simples appels téléphoniques.

Transmettre à Safeonweb

03 — FSMA : signaler une fraude aux placements ou aux cryptomonnaies

L’autorité belge des marchés financiers recueille les signalements concernant les propositions d’investissement suspectes et les fraudes liées aux cryptomonnaies.

Accéder au formulaire de la FSMA

04 — Binance : signaler un faux conseiller

Binance propose une procédure officielle pour signaler les escroqueries et les personnes qui usurpent l’identité de son service client. Connectez-vous uniquement depuis son application ou son site officiel.

Consulter la procédure de signalement Binance

Vous avez perdu de l’argent ou transmis vos codes ?

Contactez immédiatement les services concernés, sécurisez vos comptes et déposez plainte auprès de la police locale. Conservez les numéros d’appel, les heures, les captures d’écran, les adresses de portefeuilles et les références des transactions. Si vos données bancaires sont compromises, contactez aussi votre banque.

 

Les bons plans du jour sur Amazon

Nouveau−40 %
Belkin BoostCharge · USB-C 30 W blanc

Belkin BoostCharge · USB-C 30 W blanc

Chargeur USB-C 30 W et câble USB-C inclus.

Livraison gratuite affichée dimanche.

17,88 €Prix conseillé : 29,99 €
Voir sur Amazon.fr ↗
Ajouté le 05/11−18 %
TCL PlayCube · Full HD

TCL PlayCube · Full HD

Projecteur portable Full HD avec batterie.

649,00 €Prix conseillé : 799,99 €
Voir sur Amazon.fr ↗
Ajouté le 05/11−41 %
OtterBox · Sangle 2-en-1 bleue

OtterBox · Sangle 2-en-1 bleue

Bandoulière et dragonne pour téléphone.

23,22 €Prix conseillé : 39,99 €
Voir sur Amazon.fr ↗

Prix relevés le 06/11/2026 à 08:20 (heure de Bruxelles), susceptibles de changer ; prix et disponibilité sur Amazon.fr au moment de l’achat faisant foi. Remises calculées sur la référence indiquée, arrondies à l’entier inférieur. Frais de livraison éventuels en supplément.

Liens affiliés : en tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.