Voitures thermiques après 2035 : l’Europe pourrait desserrer le frein, mais rien n’est encore décidé

La fin des voitures neuves à essence et diesel en 2035 pourrait connaître un nouvel assouplissement. Le 4 novembre 2026, la commission de l’environnement du Parlement européen a soutenu une réduction des contraintes imposées aux constructeurs. Mais avant de célébrer le retour triomphal du pot d’échappement, une précision : ce vote ne change pas encore la loi.
Le calendrier automobile européen commence à ressembler à ces itinéraires GPS qui annoncent régulièrement un nouveau trajet, alors que vous venez précisément de prendre la sortie recommandée. Direction générale : la décarbonation. Pour les modalités, merci de patienter pendant le recalcul.
Ce que prévoit toujours la règle actuelle
Le cadre européen en vigueur fixe une réduction de 100 % des émissions de CO₂ des voitures et camionnettes neuves à partir de 2035, par rapport à la référence de 2021. L’objectif porte sur les émissions à l’échappement et les véhicules neufs commercialisés par les constructeurs.
C’est cette exigence qui conduit à parler de fin des ventes de voitures neuves classiques à essence et diesel. Elle ne signifie pas que toutes les voitures thermiques déjà en circulation devront disparaître des routes le 1er janvier 2035, accompagnées d’une fanfare administrative.
La Commission européenne a toutefois proposé, en décembre 2025, d’abaisser l’objectif à 90 %, avec des mécanismes de compensation pour les émissions restantes. Cette proposition ouvrirait davantage la porte à différentes motorisations, notamment hybrides.
Les députés veulent aller plus loin dans l’assouplissement
Le 4 novembre, les membres de la commission de l’environnement ont adopté leur position par 48 voix pour, 30 contre et deux abstentions.
Pour les voitures particulières, ils proposent une baisse de 87,5 % des émissions en 2035, contre les 100 % actuellement prévus. Le dispositif intégrerait également des crédits liés à l’utilisation d’acier européen bas carbone, représentant jusqu’à 7,5 points supplémentaires, pour atteindre un objectif comptable de 95 %.
Il faut distinguer deux choses : réduire les émissions des voitures lorsqu’elles roulent et reconnaître des économies réalisées lors de leur fabrication. Une carrosserie produite avec un acier moins carboné peut améliorer le bilan industriel ; elle ne transforme pas les gaz d’échappement en air de montagne.
Ces pourcentages ne correspondent pas non plus directement à une proportion de voitures thermiques autorisées. Un objectif calculé sur les émissions moyennes d’un parc de véhicules ne se traduit pas automatiquement par « 12,5 % des voitures pourront rester à essence ».
Pourquoi les constructeurs réclament davantage de souplesse
L’industrie défend une transition permettant de conserver plusieurs solutions techniques, plutôt qu’une trajectoire reposant essentiellement sur les véhicules sans émissions à l’échappement.
L’ACEA, l’organisation représentant les grands constructeurs européens, accueille favorablement certaines flexibilités votées, tout en les jugeant encore insuffisantes pour les voitures particulières. Autrement dit, le secteur apprécie que Bruxelles desserre la ceinture, mais demande déjà le trou suivant.
À l’inverse, l’organisation Transport & Environment estime que l’ouverture aux voitures utilisant des biocarburants risque de détourner des investissements de l’électrification et d’affaiblir la compétitivité européenne face à la Chine. Le débat porte donc aussi sur la direction industrielle à donner aux prochaines années.
Les camionnettes sont également concernées
Le texte adopté en commission propose, pour les utilitaires légers, une réduction des émissions de 35 % en 2030, contre 50 % dans les règles actuelles, puis de 80 % en 2035, contre 100 % aujourd’hui.
Il prévoit parallèlement des avantages de calcul pour certains véhicules électriques fabriqués dans l’Union européenne, notamment les petites voitures et les modèles particulièrement sobres. L’électrique resterait donc encouragé, avec davantage de souplesse dans la manière d’atteindre les objectifs.
Le prochain rendez-vous est attendu en décembre
Le Parlement européen doit encore se prononcer en séance plénière sur son mandat de négociation, un vote attendu en décembre 2026. Les discussions avec les gouvernements européens devront ensuite permettre de dégager un accord.
La perspective d’un assouplissement est donc sérieuse, mais son adoption reste à venir. Pour l’instant, le moteur qui tourne le plus sûrement dans ce dossier reste celui des négociations. Lui, manifestement, n’a aucune date d’interdiction prévue.
Sources
- Commission européenne : règles actuelles et proposition de révision des objectifs automobiles
- Communiqué du Parlement européen reproduit par PubAffairs Bruxelles : contenu du vote et prochaines étapes — 5 novembre 2026
- Reuters : assouplissement proposé et réactions au vote — 4 novembre 2026
- ACEA : réaction de l’organisation des constructeurs européens — 4 novembre 2026
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