TEST – Google Home Speaker : Gemini est enfin dans mon salon, mais est-ce vraiment plus intelligent ?
Google revient enfin avec une nouvelle enceinte connectée. Et cette fois, le gros argument n’est pas seulement le son : c’est Gemini. Le Google Home Speaker est disponible depuis le 25 juin 2026 et vendu 119,99 € en Belgique. Après plusieurs années avec mon “vieux” (mais toujours fonctionnel) Google Nest Hub, j’ai donc décidé de voir ce que cette nouvelle génération pouvait réellement apporter au quotidien.
Spoiler : elle ne va pas révolutionner votre maison. Mais elle pourrait bien la rendre plus agréable à utiliser.
Une enceinte plutôt jolie
Google propose un design assez compact et plutôt réussi. L’enceinte mesure environ 10,7 cm de diamètre pour 8,6 cm de haut et pèse environ 400 grammes. Elle existe notamment en Porcelaine et Vert Sauge sur le marché belge. Personnellement, je suis très content avec la version “gris classique”.
Parce que les couleurs fancy, c’est très bien pour un smartphone ou des écouteurs, quoi que là-non plus, mais pour une enceinte que l’on va probablement poser à côté du téléviseur pendant plusieurs années, ou dans son salon, je préfère quand même quelque chose de discret.
La boîte contient tout ce qu’il faut :
- le Google Home Speaker ;
- un adaptateur secteur USB-C de 30 W ;
- un câble d’alimentation de 1,5 m, solidaire de l’enceinte ;
- un guide de démarrage rapide ;
- les documents de sécurité et de garantie.
Installation : difficile de faire plus simple
Une fois encore, Google profite de son écosystème et fait aussi bien que la marque à la pomme pour une intégration facile et rapide. On branche l’enceinte, on ouvre l’application Google Home et elle est détectée presque immédiatement. Quelques clics plus tard, elle est connectée au Wi-Fi et prête à fonctionner. Pour une fois, et pour éviter de me faire gronder par Audrey, j’ai même lu le manuel avant de commencer.
Il faut obligatoirement disposer d’un compte Google, mais si vous utilisez déjà un produit Google, l’installation est vraiment très simple.
Tout d’abord, le son
C’est probablement la première chose que j’ai remarquée. Je possède depuis des années un Google Nest Hub que j’utilise principalement pour quelques fonctions basiques et pour écouter de la musique. Pas pour m’ambiancer dans le salon, mais plutôt comme musique de fond pour me réveiller le matin. Avec le Google Home Speaker la différence est assez évidente. Il possède un haut-parleur large bande de 58 mm et Google annonce un haut-parleur deux fois plus grand que celui du Nest Mini, avec des basses 2,5 fois plus puissantes.
Mon vieux Nest Hub lui est un écran avec un haut-parleur, le Home Speaker est purement et simplement un haut-parleur. Dans la pratique, les basses sont effectivement beaucoup plus présentes et pour le style de musique que j’écoute, ça s’adapte mieux.
Pour écouter de la musique dans une pièce, le résultat est agréable. Ce n’est évidemment pas une enceinte destinée à remplacer une installation hi-fi, mais pour son format, elle se défend très bien. Mais surtout, argument de Google, elle fait ça avec un son à 360°, ce qui permet de ne pas devoir être exactement en face de l’enceinte. D’ailleurs, chez moi, l’enceinte est sur ma table au centre du salon, et la musique se diffuse dans toutes les directions.
Ayant testé deux enceintes de ce modèle, j’ai voulu voir si ça pouvait remplacer mon installation, deux enceintes tours de la marque Jamo d’un modèle entré de gamme (et qui ont plus de 10 ans). La comparaison n’est pas équitable, on est loin du compte pour ce qui est de remplacer un home cinéma. Par contre, dans un petit espace ou pour ceux qui n’ont pas de Home Cinéma, le son sera toujours meilleur que celui qui sort du téléviseur.
J’ai voulu tester la qualité et la puissance du son dans mon appartement de la mer du nord, sur la terrasse. Premier avantage, le Google Home Speaker peut être alimenté par une batterie externe, donc pas besoin d’une longue prise pour le mettre au milieu de la terrasse. Ensuite, grâce au son à 360° la musique se diffuse dans toutes les directions et même le voisin a pu en profiter. Je n’ai pas eu besoin de mettre la puissance au maximum pour entendre la musique et couvrir le hurlement des vacanciers sur la plage.
Pour la qualité et la puissance du son, c’est validé !
Une petite surprise avec le téléviseur
J’ai testé la partie audio avec mon Google TV Streamer que j’utilise depuis des mois et qui a remplacé ma box TV. Google propose quelque chose d’intéressant !
Un Google Home Speaker peut remplacer la sortie audio du téléviseur et servir de haut-parleur externe. Le mieux est évidemment d’avoir deux Home Speakers, et de créer une paire stéréo ou mieux, utiliser le Spatial Audio avec un Google TV Streamer compatible.
C’est donc beaucoup plus intéressant que de simplement poser une enceinte sur un meuble. Personnellement, je trouve l’idée plutôt bonne, même si acheter deux enceintes pour obtenir réellement l’effet immersif fait rapidement grimper la facture à 239,98 €.
Dans mon grand salon, le résultat était plutôt mitigé, surtout en comparaison avec mon home cinéma, par contre dans mon petit appartement à la mer du nord, le résultat est tout de suite plus impressionnant.
Même avec la climatisation, elle m’entend
Autre point que j’ai voulu tester : les micros. J’ai fait plusieurs essais avec une climatisation portative qui fonctionne à environ deux mètres de l’enceinte. Malgré le bruit ambiant, elle comprend ce que je lui demande mieux que ma grand-mère de 96 ans.
Le Home Speaker dispose de trois microphones longue portée et d’un bouton physique permettant de couper le micro. Sur ce point, difficile de lui reprocher grand-chose.
Cependant, je n’ai pas remarqué d’amélioration par rapport à l’ancienne version, c’était déjà excellent avant, ça l’est tout autant avec cette nouvelle version.
Mais Google nous promet surtout Gemini
C’est évidemment là que les choses deviennent intéressantes. Le Google Home Speaker est le premier appareil Google conçu dès le départ pour Gemini for Home. L’objectif est de ne plus devoir parler comme à un ordinateur des années 2000. Avant : « Hey Google, quelle est la température à Schaerbeek ? »
Maintenant, l’idée est de pouvoir parler beaucoup plus naturellement, poser des questions complexes et rebondir sur les réponses. C’est ce que j’ai voulu tester et qui m’intriguait le plus.
Mon test : combien d’eau dois-je boire aujourd’hui ?
Première question : “Avec la température actuelle à Schaerbeek, combien de litres d’eau dois-je boire sur la journée ?”. La première fois, il m’a simplement donné la température qu’il faisait dehors, ce n’est pas ce que j’avais demandé.
J’ai donc reposé exactement la même question. Cette fois, la réponse était beaucoup plus pertinente, avec des conseils liés à la température. C’est typiquement le genre de situation qui montre à la fois l’intérêt de Gemini… et ses limites.
L’IA est capable de comprendre une question qui combine plusieurs informations, mais il lui faut encore quelques secondes pour « réfléchir ».
Que je pourrais manger aujourd’hui ?
Deuxième test concernant le repas : « Avec la température qu’il fera ce midi (sans le mentionner), que me proposes-tu de manger ? » Il m’a répondu qu’il ferait environ 28 degrés à midi et m’a proposé une salade fraîche, par exemple tomate, mozzarella et basilic, ou encore un gaspacho.
Il m’a même proposé des recettes dans la foulée. Je lui ai répondu que la salade me semblait un peu légère, il m’a alors proposé d’ajouter du jambon de Parme ou du pain gris grillé. J’ai trouvé l’interaction plutôt sympa.
Ce n’est pas une révolution technologique, mais c’est exactement le genre de petite chose qui peut rendre un assistant vocal plus agréable au quotidien.
Par contre, ce n’est pas encore une conversation parfaitement naturelle.
C’est probablement ma principale déception (et ce, malgré la dernière mise-à-jour). Google insiste beaucoup sur le côté conversationnel de Gemini, et le système est effectivement beaucoup plus souple qu’un assistant vocal traditionnel.
Personnellement, je trouve encore les temps de réponse un peu longs. Lorsque je pose une question, j’aurais été plus vite à la taper sur mon smartphone dans Gemini, j’aurais eu une réponse plus rapide. Mais quand on parle à son assistant vocal, c’est justement parce qu’on ne veut pas le faire sur un clavier, pas pour la vitesse de réponse.
Il faut cependant préciser que Google propose désormais un véritable mode Gemini Live, avec lequel on peut interrompre l’enceinte, changer de sujet et continuer une conversation sans répéter “Hey Google”. Cette fonction nécessite toutefois un abonnement Google Home Premium Standard ou Advanced.
Je l’ai testé et ça fonctionne plutôt bien. Pour l’activer, il faut dire à Google Home Speaker qu’on veut discuter plutôt que de lui poser une simple question, il faut dire “Hey Google, discutons”. Il faut également activer le paramètre dans l’application Google Home “Conversation Continue”.
Le test de Diam’s
On passe maintenant à un test beaucoup moins scientifique. Audrey lui a demandé de jouer la chanson de Diam’s dans laquelle elle parle de Macron. Il m’a lancé sur Spotify “Ma France à moi “, ce qui n’est pas correct ! J’ai donc reformulé : “Dans quelle chanson de Diam’s y a-t-il Macron ?”
Gemini m’a alors expliqué qu’il y avait probablement confusion et qu’il s’agissait de Sarkozy. Bravo à Gémini d’avoir déduit qu’il s’agissait d’une chanson qui parle d’un président français et d’avoir souligné l’erreur. Les quadras (surtout Audrey) ont parfois besoin d’une mise à jour de leur mémoire musicale.
Et pour contrôler la maison ?
C’est finalement là que le Google Home Speaker prend tout son sens. Chez moi, la maison n’est pas spécialement intelligente. J’ai quelques lumières connectées, quelques prises et un ventilateur, c’est à peu près tout. Le fait d’avoir un assistant capable de mieux comprendre les demandes me donne effectivement envie de connecter davantage de choses.
Google Home prend également en charge Matter et le Home Speaker peut servir de hub Matter et dispose aussi du Wi-Fi 6. Pour quelqu’un qui possède déjà beaucoup d’équipements compatibles Google Home, l’intérêt est donc nettement plus important. Dans mon appartement bruxellois, je vais cependant éviter de transformer chaque interrupteur en objet connecté juste pour le plaisir.
Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est Matter, c’est un standard de communication universel créé par les plus grandes marques technologiques (Google, Apple, Amazon, Samsung, etc.). Son but est de simplifier la domotique : un appareil compatible Matter fonctionnera de la même manière avec Google Home, Apple HomeKit ou Alexa.
Gemini peut aussi devenir votre assistant personnel
Google met beaucoup en avant les possibilités de Gemini pour les recettes de cuisine, les idées de sorties, les voyages, les tâches quotidiennes ou encore l’organisation. J’ai testé certaines de ces possibilités et ça fonctionne, rien à dire. Cependant, je préfère faire la même chose avec mon Google Nest Hub car je peux lire les réponses à l’écran.
Il y a un petit problème très personnel. Mon agenda familial n’est pas dans Google Agenda mais dans Outlook, et de fait, Gemini ne peut pas le gérer. J’aurais adoré pouvoir dire le matin : “Qu’est-ce que j’ai prévu aujourd’hui ?” et recevoir immédiatement un résumé de ma journée.
Pour mes listes et mes tâches (toutes dans Keep) qui sont davantage intégrées dans mon environnement Google, c’est plus intéressant, surtout que je peux demander à Gemini de l’encoder et ça se synchronise sur tous mes appareils Android.
Gemini est inclus, mais pas toutes ses fonctionnalités
Le Google Home Speaker coûte 119,99 €. À ce prix, on bénéficie déjà de Gemini pour Home, l’assistant vocal de Google. Il peut répondre à des questions, contrôler les appareils connectés compatibles, lancer de la musique, gérer des alarmes et des minuteurs, ou encore créer des rappels et des listes. Pour ces fonctions de base, aucun abonnement n’est nécessaire.
Mais Google fait une distinction entre son assistant de base et ses fonctionnalités les plus avancées. Pour en profiter, il propose Google Home Premium, avec deux formules payantes.
À savoir : les fonctions vidéo nécessitent des caméras ou sonnettes Nest compatibles. La disponibilité de certaines fonctions peut varier selon l’appareil et le pays.
Source : pages officielles Google Store Belgique et Centre d’aide Google Home.
La différence la plus intéressante pour une enceinte utilisée seule concerne donc Gemini Live. Avec le forfait Standard, on peut démarrer une conversation plus naturelle, approfondir un sujet et rebondir sur les réponses de l’assistant sans devoir reformuler chaque demande comme une commande isolée. Le forfait Standard permet également de créer des automatisations en décrivant simplement ce que l’on souhaite dans l’application Google Home.
Le forfait Advanced s’adresse surtout aux personnes qui possèdent des caméras et des sonnettes Nest. Il ajoute notamment la recherche dans les enregistrements et les résumés générés par Gemini. Pour quelqu’un qui achète uniquement le Google Home Speaker, payer 18 € par mois n’a donc pas beaucoup de sens si l’on ne possède pas cet équipement supplémentaire.
Et bonne nouvelle : Google annonce six mois de forfait Standard offerts avec l’achat de l’enceinte. Attention toutefois, sa page belge affiche également une mention de 30 jours d’essai. Mieux vaut donc vérifier les conditions effectivement proposées au moment de l’achat.
Après cette période, l’enceinte continue de fonctionner sans abonnement : on conserve les fonctions de base de Gemini, mais on perd l’accès aux fonctionnalités Premium. Avec un abonnement Standard au tarif annuel, trois années d’utilisation payante représentent 300 € supplémentaires, soit un total de 419,99 € avec l’enceinte.
En résumé, on ne doit pas payer pour utiliser Gemini, mais bien pour accéder à certaines de ses fonctions les plus avancées. C’est une nuance importante au moment de choisir son enceinte : le modèle à 119,99 € suffit pour une utilisation classique, tandis que ceux qui veulent une véritable conversation avec Gemini devront prévoir un budget supplémentaire.
Est-ce que ça va révolutionner ma maison ?
Non, et je pense que Google ne révolutionnera pas votre vie avec cette enceinte. Par contre, elle peut progressivement simplifier certaines petites choses du quotidien, comme le font les autres appareils connectés comme : allumer les lumières, lancer de la musique, demander la météo, poser une question, contrôler certains appareils, …
Mais surtout, avoir un assistant avec lequel on peut parler de façon plus naturelle qu’avant et dont les réponses sont pertinentes. Pour profiter pleinement de tout cela, il faut accepter de vivre dans l’écosystème Google. Et plus votre maison est connectée à Google Home, plus le Home Speaker devient intéressant.
Pour quelqu’un qui n’a aucun appareil connecté, c’est simplement une enceinte intelligente à 119,99 €. Pour quelqu’un qui possède déjà plusieurs appareils Google Home, des lumières, des caméras, un Google TV Streamer et éventuellement un abonnement Premium, l’histoire est évidemment très différente.
Caractéristiques techniques
Google Home Speaker
119 €On aime
- Le design compact et plutôt réussi
- La qualité du son, notamment les basses
- La très bonne reconnaissance vocale, même avec du bruit
- Gemini et les questions plus complexes
- La possibilité de créer une paire stéréo
On aime moins
- Le temps de réaction pour répondre encore trop longs
- Les fonctions les plus avancées passent par un abonnement
- L'intérêt dépend énormément de votre écosystème Google
