Technicien en véhicule électrique : un métier d’avenir ? Comprendre les métiers et les formations

Il y a encore quelques années, lorsqu’on parlait de mécanique automobile, on imaginait assez facilement le décor : un garage, un pont élévateur, quelques voitures plus ou moins propres, une caisse à outils qui avait probablement connu plusieurs générations de mécaniciens et, au milieu de tout cela, un professionnel capable de vous dire que votre voiture générait “un petit bruit” (qui générait aussi une facture possiblement aléatoire) avant même d’avoir ouvert le capot.

Cette époque n’est évidemment pas terminée, mais elle est en train de changer.

L’arrivée massive des véhicules électriques ne signifie pas que les mécaniciens vont disparaître, pas plus que l’arrivée de l’informatique n’a fait disparaître tous les secrétaires (mot devenu désuet) ou que l’automatisation n’a supprimé tous les ouvriers. En revanche, elle modifie profondément les compétences dont les professionnels auront besoin pour continuer à travailler sur les voitures.

Le moteur thermique laisse progressivement davantage de place à la batterie, à l’électronique de puissance, aux moteurs électriques, aux systèmes de gestion thermique et au logiciel. Derrière cette évolution technologique, il y a donc une question beaucoup plus concrète : qui va entretenir et réparer toutes ces voitures dans dix ou quinze ans ? Et surtout, quelles compétences faudra-t-il posséder pour exercer ce métier ?

Une voiture électrique reste une voiture, mais pas tout à fait la même

Il serait assez tentant de résumer la révolution électrique à une opération de remplacement : on enlève le moteur thermique, on installe une batterie et un moteur électrique, puis tout le monde rentre chez soi.

Dans la réalité, c’est évidemment beaucoup plus compliqué. Une voiture électrique possède toujours des freins (qui s’usent moins vite), des suspensions, une direction, des pneus, une climatisation, des équipements de confort et toute une partie mécanique que l’on retrouve déjà sur les véhicules traditionnels. Toutefois, sa chaîne de propulsion repose sur une architecture électrique (on parle de “plateforme”) qui demande d’autres connaissances et surtout d’autres méthodes de diagnostic et d’intervention.

Le technicien doit désormais comprendre le fonctionnement d’une batterie haute tension, d’un moteur électrique, d’un convertisseur, d’un chargeur embarqué et de toute une série de calculateurs qui échangent en permanence des informations.

Et c’est probablement là que le métier change le plus profondément

Le mécanicien qui pouvait autrefois se fier à son expérience, à son oreille et à quelques symptômes relativement évidents doit désormais être capable de lire des données électroniques, d’utiliser des outils de diagnostic et de comprendre la logique d’un système informatique qui peut parfois signaler une anomalie sans que le problème soit immédiatement visible.

Autrement dit, la voiture continue d’avoir besoin d’un professionnel capable de mettre les mains dedans, mais ce professionnel doit également être capable de comprendre ce que la voiture lui raconte.

Le garagiste de demain ne sera pas forcément un informaticien

Il ne faudrait toutefois pas tomber dans l’excès inverse et imaginer que le mécanicien de demain devra avoir un diplôme d’ingénieur en électronique avant d’être autorisé à changer une roue.

Le métier reste profondément concret

Il faudra toujours savoir travailler sur une automobile, comprendre ses composants, utiliser des outils, démonter et remonter des éléments, rechercher une panne et effectuer correctement une réparation. Ce qui change, c’est la proportion de connaissances nécessaires dans différents domaines.

Un professionnel qui maîtrise la mécanique mais ignore complètement l’électricité aura progressivement davantage de difficultés à intervenir sur une partie croissante du parc automobile. À l’inverse, quelqu’un qui connaît parfaitement l’électricité mais ne comprend pas le fonctionnement global d’un véhicule ne sera pas forcément mieux armé.

La véritable valeur du technicien spécialisé dans l’électrique se trouve justement dans cette capacité à faire le lien entre plusieurs univers : Il doit comprendre la voiture comme un ensemble plutôt que comme une simple addition de pièces.

Une longue transformation

Il faut également éviter une erreur assez fréquente lorsqu’on parle de transition vers l’électrique : croire qu’elle va se produire du jour au lendemain.

Même si les ventes de voitures électriques progressent fortement en Europe, le parc automobile existant reste immense et continuera à circuler pendant de nombreuses années. Les garages vont donc devoir gérer simultanément plusieurs générations de technologies mais aussi de “plateforme” spécifique à chaque marque.

Pendant encore longtemps, un même atelier pourra accueillir une ancienne voiture diesel nécessitant une intervention mécanique classique, une hybride rechargeable dont le système électronique pose problème et une voiture électrique dont la batterie ou le système de recharge doit être diagnostiqué.

Pour le professionnel, cette coexistence représente une contrainte autant qu’une opportunité.

Il ne pourra pas simplement oublier tout ce qu’il savait faire auparavant, mais il devra progressivement ajouter de nouvelles compétences à son expérience.

C’est probablement une bonne nouvelle pour les personnes qui envisagent ce métier aujourd’hui, parce qu’elles ne devront pas nécessairement choisir entre “mécanique traditionnelle” et “électrique” comme s’il s’agissait de deux mondes totalement séparés.

Les métiers qui se développent autour de la voiture électrique

Parler du “technicien en véhicule électrique” donne d’ailleurs une vision un peu trop réductrice de ce qui est en train de se mettre en place.

Derrière la voiture électrique apparaissent plusieurs spécialisations, certaines étant déjà bien installées et d’autres appelées à prendre davantage d’importance à mesure que les véhicules vieillissent.

Le technicien automobile spécialisé dans l’électrique et l’hybride

C’est probablement le métier qui ressemble le plus à ce que nous appelons traditionnellement un mécanicien automobile. Il assure l’entretien, recherche les pannes et intervient sur les différents systèmes du véhicule, tout en étant capable de travailler avec les particularités des motorisations électriques et hybrides.

Pour quelqu’un qui vient déjà de la mécanique automobile, c’est une évolution assez logique, puisqu’il ne s’agit pas de repartir complètement de zéro mais d’ajouter une nouvelle couche de compétences à une expérience existante.

Le technicien diagnostic

Cette spécialisation prend une importance particulière avec les véhicules modernes, car une panne n’est plus forcément visible à l’œil nu.

Le professionnel doit pouvoir interpréter les informations fournies par les calculateurs, effectuer des mesures, comparer différents paramètres et déterminer l’origine réelle du problème.

Cela demande beaucoup de logique et une certaine patience, car remplacer une pièce au hasard en espérant que la panne disparaisse n’est plus vraiment une stratégie très élégante lorsque certaines pièces coûtent plusieurs milliers d’euros.

Le technicien spécialisé dans les batteries

La batterie est évidemment appelée à devenir l’un des composants les plus importants du véhicule électrique. Elle doit pouvoir être contrôlée, diagnostiquée, sécurisée et, dans certains cas, réparée.

Cette spécialisation peut également conduire vers des activités qui dépassent largement le simple garage automobile, notamment lorsqu’une batterie arrive en fin de vie ou doit être préparée pour une seconde utilisation.

On commence donc à voir apparaître un véritable métier autour de la batterie elle-même, avec des compétences qui relèvent à la fois de l’électricité, de l’électronique et de la sécurité.

Le spécialiste du recyclage et de la seconde vie des batteries

C’est probablement l’un des métiers auxquels on pense le moins lorsque l’on parle de voiture électrique. Pourtant, une batterie automobile représente un ensemble de matériaux et de composants qui peuvent être récupérés, réutilisés ou recyclés.

Il faudra donc des professionnels capables de diagnostiquer ces batteries, de les démonter dans des conditions sécurisées et de déterminer ce qui peut encore être utilisé. La fin de vie d’une batterie pourrait ainsi devenir un véritable secteur professionnel à part entière.

Le technicien en infrastructure de recharge

La multiplication des voitures électriques entraîne naturellement un autre besoin : il faut pouvoir les recharger. Les bornes domestiques, professionnelles et publiques doivent être installées, configurées, entretenues et dépannées.

Le technicien qui intervient dans ce domaine doit donc comprendre l’installation électrique, la puissance disponible, les systèmes de protection, la communication entre la borne et le véhicule ainsi que les contraintes particulières liées à la recharge.

C’est un métier qui se situe à la frontière entre l’électricité du bâtiment et l’automobile, ce qui peut ouvrir des perspectives intéressantes pour des profils issus de l’un ou l’autre secteur.

Le technicien électronique automobile

Les véhicules électriques dépendent énormément de l’électronique, qu’il s’agisse des convertisseurs, des capteurs, des calculateurs ou des systèmes de communication internes. Les personnes qui possèdent de solides compétences dans ce domaine peuvent donc trouver leur place dans les garages, chez les constructeurs ou chez les équipementiers.

Ce profil devient d’autant plus intéressant que les voitures sont désormais capables de surveiller elles-mêmes une quantité impressionnante de paramètres.

Encore faut-il comprendre ce qu’elles essaient de nous dire lorsqu’elles allument simultanément cinq voyants pour signaler un problème qui, au départ, était peut-être simplement un capteur défaillant.

Le spécialiste haute tension

C’est probablement la spécialisation qui illustre le mieux la nécessité d’une formation spécifique. Les batteries de traction travaillent avec des tensions qui ne permettent évidemment pas de bricoler au hasard.

Les professionnels doivent donc connaître les procédures de consignation, les équipements de protection et les méthodes permettant d’intervenir en toute sécurité sur ces systèmes. La haute tension impose une rigueur particulière et constitue donc une compétence qui ne peut pas simplement s’acquérir en regardant trois tutoriels sur YouTube.

Le technicien logiciel et systèmes embarqués

La voiture moderne est également devenue une machine informatique. Les logiciels participent à la gestion de la batterie, du moteur, de la recharge, des systèmes d’aide à la conduite et d’une multitude d’autres fonctions.

Il existe donc progressivement une place pour des profils davantage tournés vers le diagnostic logiciel, le paramétrage, les mises à jour et les systèmes embarqués.

C’est probablement l’un des aspects les plus surprenants de l’évolution du secteur : le garage automobile commence doucement à avoir besoin de personnes qui savent aussi bien interpréter une donnée informatique qu’une pièce mécanique.

Où trouver une formation ?

En Belgique

En Belgique francophone, l’IFAPME propose une formation de Technicien de véhicules électriques et hybrides, destinée notamment aux personnes disposant déjà d’une base dans le domaine automobile.

Le programme permet d’aborder les batteries, les moteurs électriques, les systèmes de recharge, les convertisseurs, le diagnostic électronique, la gestion thermique et les différents systèmes spécifiques aux véhicules électrifiés.

La formation est notamment proposée à Dinant et à Liège et repose largement sur l’alternance entre apprentissage théorique et expérience en entreprise.

Pour quelqu’un qui travaille déjà dans le secteur automobile, EDUCAM constitue une autre porte d’entrée intéressante. L’organisme propose différentes certifications HEV correspondant à plusieurs niveaux de compétence pour intervenir sur les véhicules hybrides et électriques.

Cette approche permet notamment à des professionnels déjà actifs de compléter progressivement leur formation sans nécessairement reprendre un cursus complet.

La Belgique dispose donc de plusieurs portes d’entrée, selon que l’on débute dans le métier, que l’on possède déjà une formation automobile ou que l’on souhaite simplement acquérir une compétence spécifique en haute tension.

En France

En France, l’ANFA joue un rôle important dans l’adaptation des formations du secteur automobile aux nouvelles technologies.

Elle propose notamment des certifications consacrées à l’entretien et à la maintenance des véhicules électriques et hybrides, ainsi qu’une qualification spécifique de technicien de maintenance de batteries de véhicules électriques.

Cette dernière évolution est particulièrement intéressante puisqu’elle montre que la batterie commence à être considérée comme une spécialité professionnelle en tant que telle.

France Travail référence également des formations de technicien électromécanicien automobile intégrant les technologies électriques et électroniques, tandis que certaines formations plus spécialisées s’intéressent directement à la maintenance, au démontage ou au recyclage des batteries.

Pour quelqu’un qui envisage une reconversion, la France offre donc aujourd’hui plusieurs chemins possibles, depuis une formation automobile relativement généraliste jusqu’à des spécialisations beaucoup plus pointues.

👉 Tous les liens vers les formations et autres sources sont disponibles en fin d’article.

Ce qui se passe ailleurs en Europe

La transformation du métier ne concerne évidemment pas uniquement la Belgique et la France.

Au Royaume-Uni, l’Institute of the Motor Industry propose déjà plusieurs qualifications consacrées aux véhicules électriques et hybrides, avec notamment des parcours permettant aux professionnels de l’automobile d’acquérir progressivement les compétences nécessaires pour intervenir sur ces technologies.

L’approche britannique est intéressante parce qu’elle montre que la transition peut se faire progressivement : un professionnel n’est pas nécessairement obligé d’abandonner son métier pour recommencer une nouvelle carrière, puisqu’il peut compléter sa formation au fur et à mesure.

En Allemagne, l’évolution est également très visible dans les formations automobiles, avec des parcours intégrant les systèmes de propulsion électriques et hybrides, le stockage de l’énergie, les infrastructures de recharge et les systèmes haute tension.

Certains constructeurs ont eux-mêmes développé des parcours de formation intégrant ces nouvelles compétences.

On retrouve donc dans plusieurs pays européens la même tendance générale : le métier automobile devient plus transversal, avec davantage de connaissances en électricité, électronique, diagnostic et informatique.

Une voiture électrique demande-t-elle moins de travail ?

C’est une question intéressante, parce qu’elle pourrait sembler évidente au premier abord. Une voiture électrique possède moins de pièces mécaniques en mouvement et nécessite moins d’opérations d’entretien traditionnelles. Il n’y a pas de vidange moteur, pas de bougies et pas de système d’échappement à entretenir, tandis que certaines interventions mécaniques deviennent moins fréquentes.

On pourrait donc imaginer que les garages auront mécaniquement moins de travail. Mais ce raisonnement oublie que la complexité ne disparaît pas forcément : elle se déplace.

Elle quitte une partie de la mécanique traditionnelle pour aller vers l’électronique, la batterie, le diagnostic, la recharge et les logiciels.

Le professionnel passe donc progressivement d’une logique où il devait principalement remplacer ou réparer des pièces mécaniques à une situation dans laquelle il doit également comprendre des systèmes beaucoup plus intégrés. Cela peut même rendre certaines interventions plus intellectuelles qu’auparavant, avec davantage de diagnostic avant de toucher à la voiture.

Le profil du technicien de demain

Si l’on rassemble les différentes évolutions observées en Belgique, en France, au Royaume-Uni et en Allemagne, un profil assez clair commence à se dessiner. Le professionnel recherché demain ne sera probablement pas uniquement mécanicien.

Il devra comprendre suffisamment l’électricité pour travailler en sécurité, suffisamment l’électronique pour interpréter les mesures, suffisamment l’informatique pour utiliser les outils de diagnostic et suffisamment la mécanique pour comprendre le véhicule dans son ensemble.

Mais il devra également accepter une réalité assez simple : sa formation ne sera probablement jamais vraiment terminée. C’est peut-être la principale différence avec le métier tel qu’on pouvait le concevoir autrefois.

Les technologies vont continuer à évoluer, les batteries vont changer, les systèmes électroniques vont progresser et les constructeurs vont continuer à modifier leurs architectures.

Quelqu’un qui entre aujourd’hui dans le métier devra donc probablement continuer à apprendre pendant toute sa carrière.

Est-ce un métier pour tout le monde ?

Pas nécessairement, et c’est probablement une bonne chose. Le travail demande toujours une certaine habileté manuelle, mais il faut également aimer comprendre les problèmes, travailler méthodiquement et ne pas être rebuté par l’électronique ou les outils informatiques.

Il faut aussi accepter une certaine responsabilité. Intervenir sur un système haute tension n’est pas comparable au remplacement d’une ampoule dans son garage le dimanche après-midi.

Les procédures de sécurité sont essentielles et la formation doit être prise au sérieux. En revanche, quelqu’un qui aime à la fois la technologie et le travail concret peut trouver dans ce métier un compromis assez rare : on travaille encore avec ses mains, mais on doit également comprendre des systèmes électroniques et informatiques de plus en plus complexes.

Et demain, que restera-t-il au mécanicien ?

C’est probablement la question la plus intéressante. Personne ne peut savoir exactement à quoi ressemblera le garage automobile de 2035 ou 2040.

Les batteries vont évoluer, les constructeurs modifieront leurs architectures, les logiciels prendront probablement encore davantage de place et certaines opérations que nous considérons aujourd’hui comme normales auront peut-être disparu.

Mais il serait assez surprenant que l’automobile n’ait plus besoin de techniciens. Les voitures continueront à tomber en panne, à s’user, à être accidentées, à nécessiter des contrôles, des diagnostics et des réparations.

La différence est que la panne ne sera pas forcément là où on l’attend. Le technicien devra parfois écouter un roulement, mesurer une tension, analyser une donnée informatique et vérifier une batterie avant de pouvoir déterminer ce qui se passe réellement.

Ce n’est finalement pas une disparition du métier. C’est une transformation de ce que signifie être compétent.

Alors, métier d’avenir ?

Il serait trop facile de promettre qu’une formation dans l’électrique garantit un emploi pour les vingt prochaines années. Le marché automobile dépend de nombreux facteurs, notamment de l’évolution des technologies, du prix des véhicules, des politiques publiques, du développement des infrastructures de recharge et du rythme auquel les automobilistes renouvellent leurs voitures.

En revanche, l’évolution des formations et des compétences demandées dans plusieurs pays européens montre déjà une chose assez concrète : le secteur automobile a besoin de professionnels capables de travailler avec les nouvelles technologies électriques et électroniques.

Le métier de technicien automobile ne semble donc pas disparaître avec le moteur thermique. Il se transforme progressivement en quelque chose de plus large, où la mécanique, l’électricité, l’électronique, l’informatique et la sécurité haute tension doivent désormais cohabiter.

Pour quelqu’un qui aime les voitures mais qui n’a aucune envie de passer les vingt prochaines années à reproduire exactement les mêmes gestes, cette évolution peut finalement être assez intéressante.

Le métier reste concret, il reste manuel, il reste humain, mais il demande désormais davantage de curiosité. Et peut-être que c’est finalement cela, le véritable métier d’avenir : ne pas forcément savoir aujourd’hui exactement ce que l’on réparera demain, mais avoir suffisamment appris pour être capable de le comprendre lorsqu’il arrivera dans l’atelier.

Quant à la bonne vieille clé de 13, elle devrait probablement rester dans la caisse à outils. Par principe. On ne sait jamais.

Sources

Belgique

France

Royaume-Uni

Allemagne

Europe — évolution du secteur automobile


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Bertrand

Bertrand

Explorateur d'Internet depuis 1995 et toujours à la recherche de la prochaine terre promise connectée. Mangeur de chocolat, fan de cuisine, de rando et de Kindle.