Il y a des objets dont on comprend immédiatement l’utilité, comme un réfrigérateur, une machine à café ou une télécommande que quelqu’un a encore réussi à cacher entre deux coussins du canapé. Et puis il y a le NAS, cette étrange boîte remplie de disques durs que l’on achète généralement après avoir perdu trois fois ses photos, deux fois ses documents importants et une bonne partie de sa patience.
Le UGREEN NASync DXP4800 Pro appartient pourtant à une catégorie légèrement différente. Avec son processeur Intel Core i3 de 13e génération, ses 8 Go de DDR5 extensibles jusqu’à 96 Go, ses quatre baies pour disques SATA, ses deux emplacements NVMe et surtout son réseau 10 GbE accompagné d’un port 2,5 GbE, il ressemble moins à un simple disque réseau qu’à un petit serveur domestique qui aurait décidé de faire semblant d’être raisonnable.
Et c’est probablement là que commence le problème.
Parce qu’une fois que vous avez acheté un NAS pareil pour simplement sauvegarder vos photos, vous allez rapidement vous demander pourquoi vous ne pourriez pas aussi héberger votre serveur multimédia, vos sauvegardes, Home Assistant, quelques conteneurs Docker, une machine virtuelle et, tant qu’à faire, probablement votre café du matin.
Le DXP4800 Pro reprend une architecture relativement classique pour un NAS quatre baies, mais UGREEN a manifestement décidé de ne pas lésiner sur le matériel.
On retrouve donc quatre emplacements pour disques durs ou SSD SATA, auxquels viennent s’ajouter deux logements M.2 NVMe. Le processeur Intel Core i3-1315U dispose de six cœurs et permet au NAS de faire nettement plus que du simple partage de fichiers.
La mémoire installée est de 8 Go de DDR5, mais elle peut être largement augmentée, jusqu’à 96 Go. Autrement dit, si votre idée initiale était simplement de sauvegarder les photos de votre chien, vous disposez maintenant de suffisamment de mémoire pour lui créer un environnement informatique dédié.
Les deux emplacements NVMe sont également particulièrement intéressants puisqu’ils permettent d’utiliser des SSD rapides pour le cache ou pour certaines charges de travail, tandis que les quatre baies principales peuvent accueillir les disques destinés au stockage massif.
C’est un peu comme acheter une camionnette pour transporter deux sacs de courses et découvrir ensuite qu’elle peut déménager tout votre appartement.
L’un des gros arguments du DXP4800 Pro se trouve à l’arrière avec son port Ethernet 10 GbE, accompagné d’une seconde interface 2,5 GbE. Sur le papier, c’est formidable. Dans la vraie vie, cela dépend surtout de votre réseau.
Si votre ordinateur, votre switch et votre câblage fonctionnent encore en Gigabit Ethernet, le NAS pourra très bien discuter avec eux, mais il sera condamné à environ 110 à 120 Mo/s dans les meilleures conditions. Le DXP4800 Pro aura donc beau être équipé comme une Formule 1, il devra emprunter une route départementale derrière un tracteur.
Avec un réseau 2,5 GbE, les choses deviennent déjà beaucoup plus intéressantes, tandis qu’un véritable environnement 10 GbE permet enfin au NAS de montrer ce qu’il a dans le ventre. Pour un photographe ou un vidéaste, cela peut devenir particulièrement intéressant.
Vous revenez d’un tournage avec 300 Go de vidéos et vous voulez tout copier sur le NAS. Avec une connexion Gigabit, vous avez le temps de préparer le dîner, de manger, de regarder un épisode de série et éventuellement de commencer à vous demander pourquoi vous avez choisi ce métier. Avec du 10 GbE correctement configuré, le scénario devient nettement plus agréable.
UGREEN a placé un lecteur de cartes SD directement sur la façade, accompagné d’un port USB-C rapide. Cela paraît être un détail jusqu’au jour où vous revenez d’un voyage avec plusieurs milliers de photos.
Normalement, il faut chercher le lecteur de cartes, brancher le câble, allumer l’ordinateur, importer les fichiers, vérifier qu’ils sont bien copiés, puis refaire une sauvegarde parce que vous êtes devenu paranoïaque après avoir perdu une carte mémoire en 2019.
Avec le DXP4800 Pro, la carte peut directement être insérée dans le NAS afin de transférer les fichiers. Pour quelqu’un qui travaille régulièrement avec de grosses quantités de photos ou de vidéos, ce genre de détail peut rapidement devenir une fonction que l’on utilise beaucoup plus souvent que prévu.
Le processeur Intel et son circuit graphique intégré permettent également au DXP4800 Pro de jouer le rôle de serveur multimédia. Le NAS peut notamment être utilisé avec Plex et Jellyfin, y compris pour le streaming et le transcodage matériel de vidéos 4K.
C’est évidemment pratique pour centraliser ses films, ses séries, sa musique et ses photos. Vous pouvez donc avoir toute votre médiathèque au même endroit et y accéder depuis la télévision, le smartphone, la tablette ou l’ordinateur.
Le seul danger est de commencer à numériser toute votre collection. Au début, vous voulez simplement mettre vos films préférés sur le NAS.
Trois semaines plus tard, vous êtes dans le garage à chercher un vieux DVD enregistré en 2007 parce que vous refusez désormais catégoriquement qu’un seul fichier vidéo échappe à votre nouvelle infrastructure.
C’est probablement l’une des caractéristiques les plus intéressantes du DXP4800 Pro. Grâce à son processeur et à sa mémoire extensible, il peut faire tourner Docker, des conteneurs et des machines virtuelles. Et c’est généralement ici que le propriétaire d’un NAS commence à avoir des problèmes.
Parce qu’au départ, vous voulez simplement sauvegarder vos fichiers. Puis quelqu’un vous explique que vous pouvez installer Home Assistant. Ensuite, vous découvrez Immich. Puis Jellyfin. Puis Pi-hole. Puis un serveur VPN. Puis quelques conteneurs supplémentaires.
Et six mois plus tard, votre NAS héberge tellement de services que vous avez oublié lequel fait quoi, mais vous êtes extrêmement fier de lui.
Et c’est ici que les choses deviennent plus nuancées. Le matériel est excellent, mais le système d’exploitation UGOS Pro reste le principal point de discussion.
L’interface est aujourd’hui considérée comme assez intuitive et le système s’est nettement amélioré depuis les premières générations de NAS UGREEN. Docker, les machines virtuelles, les sauvegardes et plusieurs outils de gestion sont désormais disponibles. Mais face à Synology DSM, UGREEN a encore du retard.
L’écosystème d’applications reste moins riche et moins mature que celui de Synology ou QNAP. C’est un peu comme acheter une Ferrari avec un GPS qui vous explique encore parfois qu’il faut tourner à droite alors que vous êtes déjà dans le rond-point. La voiture est excellente. Le logiciel doit encore apprendre quelques subtilités.
L’un des avantages intéressants du DXP4800 Pro est la possibilité d’installer d’autres systèmes d’exploitation, notamment TrueNAS, Unraid, Ubuntu ou Debian. Cela signifie que les utilisateurs avancés ne sont pas condamnés à rester exclusivement dans l’univers UGOS Pro.
Pour un utilisateur débutant, cela n’a probablement aucun intérêt. Pour un passionné de serveurs qui aime passer son dimanche après-midi à modifier des fichiers de configuration pendant que le reste de la famille regarde un film, c’est une excellente nouvelle.
Cette ouverture permet surtout de transformer le DXP4800 Pro en véritable petit serveur polyvalent.
Les avis sont ici un peu plus contrastés. Le NAS est généralement décrit comme relativement silencieux, notamment grâce à son système de refroidissement et à son filtre à poussière magnétique facile à retirer pour le nettoyage.
Quelques utilisateurs ont néanmoins signalé des problèmes de ventilateur, notamment des exemplaires dont le refroidissement fonctionnait à pleine vitesse et produisait un bruit important.
D’autres propriétaires rapportent au contraire un fonctionnement très silencieux, y compris avec une charge importante.
La conclusion est donc assez simple : le DXP4800 Pro semble généralement discret, mais comme toujours avec un appareil équipé de ventilateurs et de plusieurs disques durs, le silence absolu dépendra également du matériel installé et de l’exemplaire reçu.
Le DXP4800 Pro n’est pas vendu comme un NAS premier prix, mais son rapport équipement/prix est l’un de ses arguments.
Pour un appareil équipé d’un Core i3 de 13e génération, de 8 Go de DDR5 extensibles, de deux emplacements NVMe et surtout d’un port 10 GbE, le niveau d’équipement est particulièrement généreux. Et c’est probablement là que le DXP4800 Pro devient intéressant.
Vous pouvez acheter un NAS beaucoup plus simple, moins cher et parfaitement adapté à quelqu’un qui veut simplement sauvegarder ses documents.
Mais si vous savez déjà que vous allez vouloir faire tourner Plex, Docker, Home Assistant, des machines virtuelles, de l’IA locale, des sauvegardes et éventuellement un petit laboratoire informatique à la maison, le matériel du DXP4800 Pro laisse beaucoup plus de marge.
En parcourant les retours d’utilisateurs anglophones, le sentiment général est plutôt positif concernant le matériel et les performances.
Les utilisateurs apprécient particulièrement le processeur, le 10 GbE, la possibilité d’étendre la mémoire, les deux emplacements NVMe et les possibilités offertes par Docker.
Certains propriétaires ayant abandonné un ancien Synology constatent notamment une différence importante en performances, surtout pour les conteneurs et les transferts de gros fichiers.
D’autres apprécient particulièrement le fonctionnement de Jellyfin, Home Assistant et des services Docker, avec plusieurs témoignages faisant état d’un fonctionnement stable sur plusieurs mois.
Le principal reproche reste cependant UGOS Pro, qui ne dispose pas encore de la profondeur fonctionnelle et de l’écosystème de Synology DSM.
Certains utilisateurs apprécient justement cette simplicité, tandis que les utilisateurs avancés peuvent rapidement se sentir limités et se tourner vers Docker ou un autre système d’exploitation.
Il existe également des critiques concernant certaines fonctions de sécurité et notamment la gestion du chiffrement, qui reste moins complète que chez certains concurrents.
Le DXP4800 Pro n’est probablement pas le NAS idéal pour quelqu’un qui veut simplement sauvegarder quelques documents Word et les photos de Noël. Pour cela, il est même franchement surdimensionné.
En revanche, pour un photographe, un vidéaste, un utilisateur Mac ou PC avec beaucoup de données, un amateur de Plex ou Jellyfin, un passionné de domotique, un utilisateur Docker ou quelqu’un qui souhaite remplacer plusieurs services cloud par une infrastructure personnelle, la proposition devient beaucoup plus séduisante.
Imaginez simplement votre vie numérique actuelle. Vos photos sont dans iCloud. Vos documents dans Google Drive. Vos vidéos sur un disque USB. Votre serveur multimédia sur un vieux PC. Et votre sauvegarde est quelque part, probablement dans un tiroir dont vous avez oublié la clé.
Le DXP4800 Pro peut réunir une bonne partie de tout cela dans une seule machine. Et c’est probablement son plus gros argument.
Le UGREEN NASync DXP4800 Pro est une machine assez impressionnante pour son format.
Son matériel est puissant, son réseau 10 GbE lui donne une vraie longueur d’avance, les quatre baies offrent une bonne capacité d’évolution et les deux emplacements NVMe permettent de lui ajouter encore un peu de nerf. Les avis sont particulièrement positifs sur les performances, la qualité de fabrication, le transcodage vidéo et les possibilités offertes par Docker et la virtualisation.
Son principal point faible reste UGOS Pro, qui progresse rapidement mais n’a pas encore atteint le niveau de maturité et de richesse de l’écosystème Synology. Pour un débutant, cela reste largement utilisable ; pour un utilisateur avancé, la possibilité d’utiliser Docker ou même d’installer un autre système permet heureusement de contourner une partie de ces limitations.
Au final, le DXP4800 Pro ressemble beaucoup à quelqu’un qui achète une camionnette pour transporter quelques cartons et découvre qu’il peut finalement déménager tout l’immeuble. C’est puissant, évolutif, plutôt bien pensé et parfois franchement surdimensionné. Mais dans l’informatique, avoir trop de puissance est rarement le pire des problèmes.
Le véritable danger, c’est surtout de commencer avec quatre disques de 8 To pour sauvegarder ses photos et de finir trois mois plus tard avec 96 Go de RAM, deux SSD NVMe, Docker, Jellyfin, Home Assistant et un serveur Minecraft dont personne ne se souvient pourquoi il existe.
| Processeur | Intel Core i3-1315U, 13e génération |
| Cœurs | 6 |
| Mémoire | 8 Go DDR5 |
| Mémoire maximale | Jusqu’à 96 Go |
| Baies | 4 × SATA |
| SSD | 2 × M.2 NVMe PCIe 4.0 |
| Réseau | 1 × 10 GbE + 1 × 2,5 GbE |
| USB | USB-C + USB-A |
| Vidéo | HDMI 2.0, jusqu’à 4K |
| Lecteur | SD 3.0 |
| Système | UGOS Pro |
| Docker | Oui |
| Machines virtuelles | Oui |
| Plex / Jellyfin | Oui, avec transcodage matériel |
| RAID | 0, 1, 5, 10 et JBOD |
| Alternatives OS | TrueNAS, Unraid, Ubuntu, Debian |
| Positionnement | NAS puissant pour particuliers, créateurs et petites entreprises |
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