La France adore une chose presque autant que le fromage : réguler Internet après coup. Dernier épisode de la saga législative : l’interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans. Une idée simple sur le papier, un peu moins dès que l’on ouvre un navigateur.
L’objectif affiché est limpide :
protéger les mineurs des contenus toxiques,
limiter l’addiction aux écrans,
éviter que des enfants de 12 ans débattent géopolitique avec des bots moldaves.
Le projet repose sur une idée centrale : l’accès aux réseaux sociaux serait conditionné à une vérification d’âge fiable, et les plateformes seraient responsables si elles laissent passer des mineurs.
Sur le plan moral, tout le monde applaudit. Sur le plan technique… on entend surtout un long soupir collectif.
Nous sommes toujours au stade projet / discussions / ajustements. Le texte existe, les intentions sont claires, mais l’application pratique ressemble encore à un PowerPoint optimiste.
En résumé :
l’interdiction n’est pas encore pleinement entrée en vigueur,
les modalités techniques ne sont pas définitivement arrêtées,
l’État avance avec prudence, car chaque solution soulève autant de problèmes qu’elle en résout.
Autrement dit : le cadre juridique se dessine, mais le mode d’emploi tient encore sur un post-it.
C’est ici que les choses deviennent délicieusement complexes.
Option 1 : la carte d’identité
Solution évidente, mais problématique :
centralisation de données sensibles,
risques de fuite,
rejet massif des citoyens qui n’ont pas envie de montrer leur carte d’identité pour regarder une vidéo de chat.
Avantage : efficace.
Inconvénient : libertés publiques en PLS.
Option 2 : un tiers de confiance
L’idée la plus sérieuse aujourd’hui :
un organisme intermédiaire vérifie l’âge,
la plateforme reçoit juste un “oui” ou “non”,
sans connaître l’identité exacte de l’utilisateur.
Sur le papier, c’est élégant.
Dans la réalité :
qui gère ce tiers ?
qui le contrôle ?
qui paie quand ça plante ?
Option 3 : la déclaration sur l’honneur
Déjà testée depuis vingt ans.
Résultat :
“Oui oui, j’ai 18 ans” — Kevin, 11 ans, expert en mensonge numérique.
Efficacité mesurée : 0,0 %.
Même avec la meilleure volonté du monde, le système a des failles béantes :
Contournement technique : VPN, comptes étrangers, plateformes non européennes.
Inégalité numérique : les familles les plus informées contournent, les autres subissent.
Responsabilité floue : l’État légifère, les plateformes exécutent, les parents expliquent.
Effet déplacement : moins de TikTok, plus de messageries obscures et incontrôlables.
Autrement dit, on ferme la porte principale pendant que toutes les fenêtres sont ouvertes.
Le projet repose implicitement sur une vérité inconfortable :
aucune loi ne remplacera la médiation parentale.
L’État peut poser un cadre, sanctionner les plateformes, produire des rapports très sérieux.
Mais il ne sera jamais dans la chambre à 22h pour dire : “Pose ton téléphone et dors.”
L’Australie, toujours partante pour tester des solutions avant le reste du monde, a choisi une approche nettement plus musclée. Là-bas, le principe est simple et légèrement intimidant : pas de preuve d’âge crédible, pas de réseau social. Le gouvernement a imposé aux plateformes une obligation de vérification reposant sur des prestataires certifiés, capables de confirmer l’âge via documents officiels ou services d’identité numérique déjà utilisés pour l’administration et les banques.
Les réseaux sociaux ne voient pas l’identité complète, seulement un feu vert ou un feu rouge. En théorie, la vie privée est préservée. En pratique, cela a déclenché un débat national sur la surveillance, la centralisation des données et la confiance accordée à des intermédiaires privés.
Résultat : le système fonctionne techniquement, mais au prix d’une friction élevée pour les utilisateurs et d’un léger malaise démocratique. Les mineurs les plus débrouillards contournent encore, les autres abandonnent, et l’État australien peut au moins dire une chose avec fierté : ils ont essayé, pour de vrai, quitte à essuyer quelques tempêtes politiques au passage.
Ce projet de loi part d’un constat légitime et d’une intention louable.
Mais entre la protection des mineurs, la vie privée, la faisabilité technique et le génie créatif des adolescents, l’équation reste instable.
La France tente donc un numéro d’équilibriste : protéger sans surveiller, interdire sans fliquer, réguler sans casser Internet.
Un exercice délicat.
Presque autant que demander à un adolescent de moins de 15 ans de ne pas contourner une règle.
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