Humeurs

J’ai parcouru plus de 1.100 km en Tesla pour seulement 27 € : mon premier vrai road-trip électrique 

Entre Bruxelles, Strasbourg et les Vosges, j’ai parcouru plus de 1.100 km en Tesla Model 3 Long Range. Nombre de recharges, coût réel, autonomie restante et pièges à éviter : voici le récit détaillé de mon premier grand voyage en voiture électrique. 

Avant ce voyage, j’avais entendu les mêmes remarques des dizaines de fois. 

“Tu vas passer ton week-end à recharger.”
“Tu vas stresser avec l’autonomie.”
“Une voiture électrique, ce n’est pas fait pour les longs trajets.”

Le problème, c’est que ces remarques viennent très souvent de personnes qui n’ont jamais roulé en voiture électrique. 

Plutôt que de débattre pendant trois heures sur Facebook avec quelqu’un qui a entendu dire que son beau-frère avait dû attendre quatre heures sur une borne en 2019, j’ai préféré me faire ma propre opinion. 

À l’occasion d’un week-end dans les Vosges, j’ai donc pris la route avec ma Tesla Model 3 Long Range, qui a bientôt trois ans et affiche déjà 65.000 km au compteur, et mon fils, qui a bientôt 19 ans mais ça n’a aucun rapport avec la consommation. 

Au programme : Bruxelles, Strasbourg, les Vosges et retour à Bruxelles. Plus de 1.100 km au total et surtout, un objectif très simple : voir si un long trajet en électrique était réellement aussi contraignant qu’on me l’avait vendu. 

Spoiler alert: non. 

Le voyage en quelques chiffres 

Pour ceux qui aiment les chiffres avant de lire tout le reste, voici le résumé : 

  • Tesla Model 3 Long Range
  • Âge : 2 ans et 9 mois
  • Kilométrage : 65.000 km
  • Usure de la batterie : probablement “usée”, mais je ne connais pas le chiffre exact
  • Distance parcourue : plus de 1.100 km
  • Température extérieure : entre 14 et 24°C
  • Départ : Bruxelles
  • Destination : Strasbourg puis Col de la Schlucht, 88230 Le Valtin. 
  • Coût total des recharges : 27 € 

Une petite précision qui a son importance : jusqu’à présent, je n’avais utilisé les Superchargeurs Tesla que deux fois car ma voiture est habituellement rechargée à domicile ou sur des bornes publiques dans la rue.  Ce week-end allait donc être une première pour moi ! 

Départ de Bruxelles : batterie à 100 % 

La voiture était chargée gratuitement à 100 % à la maison avant de prendre la route. Sur le papier, j’aurais même pu rejoindre Strasbourg sans recharge intermédiaire. 

Mais, arriver à destination avec seulement quelques pourcents de batterie ne me semblait pas être la meilleure idée, surtout avec une journée complète dans les Vosges prévue le lendemain. 

La Tesla m’indiquait donc un premier arrêt au Luxembourg. Le problème ? Le Superchargeur proposé par la voiture affichait un tarif de 0,57 €/kWh. 

En faisant quelques recherches directement sur l’écran de la Tesla, j’ai trouvé une autre borne nettement moins chère, à seulement 0,25 €/kWh, un peu plus loin. Comme si ce n’était pas suffisant, elle était située juste en face d’un McDonald’s.  Je vous laisse deviner laquelle j’ai choisie. 

Le plan était parfait : une petite pause repas d’une vingtaine de minutes, quelques électrons dans la batterie et nous repartions. Sauf que la voiture a été plus rapide que nous. 

Première recharge : à peine le temps de manger 

Je m’attendais à devoir attendre devant la voiture après mon succulent repas. En réalité, avant même que notre commande arrive sur le plateau, la Tesla avait déjà récupéré suffisamment d’énergie pour continuer notre trajet. Pendant que nous terminions tranquillement notre repas, la voiture continuait évidemment de charger. 

C’est probablement à ce moment-là que j’ai commencé à comprendre quelque chose. La recharge n’était pas vraiment une “pause recharge “mais une pause. Nous avions besoin de manger, la voiture avait besoin d’électricité, tout le monde était content. 

Première recharge, première bonne surprise !  Deuxième recharge : pourquoi recharger alors qu’on n’en avait pas besoin ? 

Strasbourg, me voilà !

Une fois arrivés à Strasbourg, nous avions encore suffisamment d’autonomie pour rejoindre les Vosges le lendemain. Techniquement, nous aurions donc pu nous arrêter là mais nous avons décidé de faire une deuxième petite recharge. Cette fois, la raison n’était pas l’autonomie mais le prix. Les tarifs étaient pratiquement deux fois moins élevés le vendredi soir que le samedi matin nous avons profité de l’occasion pour nous arrêter une quinzaine de minutes à un Superchargeur affiché à 0,26 €/kWh. 

Le GPS Tesla ne jugeait pas cette recharge nécessaire mais nous l’avons quand même faite. Il était tard et le centre commercial situé à côté était déjà fermé mais franchement, cela n’avait aucune importance. Le temps d’aller aux toilettes, de se dégourdir les jambes et de prendre quelques photos de la pleine lune, la voiture avait déjà récupéré suffisamment d’énergie. 

Encore une fois, la recharge s’est donc faite pendant que nous faisions autre chose.  Et l’hôtel pouvait même recharger gratuitement 

À notre arrivée à Strasbourg, nouvelle surprise. La réceptionniste nous informe que les clients peuvent recharger gratuitement leur voiture sur une simple prise domestique. Évidemment, c’est le genre d’information qu’on aime découvrir après avoir déjà rechargé deux fois mais surtout, j’avais oublié l’adaptateur nécessaire à la maison. Dommage. 

Sur une nuit complète, j’aurais probablement pu récupérer une trentaine de pourcents de batterie gratuitement. Une prochaine fois, je penserai à prendre l’adaptateur. 

Direction les Vosges 

Le samedi matin, nous quittons Strasbourg avec 75 % de batterie.  Plus que suffisant pour parcourir la centaine de kilomètres qui nous sépare du col de la Schlucht. 

La journée se déroule ensuite sans vraiment penser à la voiture. Nous avons marché, profité des paysages, respiré un peu d’air frais et souffert lors d’une randonnée de 27km.  C’est probablement ce qui m’a le plus surpris : une fois qu’on a suffisamment d’autonomie, on oublie complètement qu’on roule en électrique. 

Dimanche : retour vers Bruxelles 

Dimanche matin, il faut malheureusement rentrer. Comme souvent, le GPS Tesla me propose une borne relativement chère mais une autre borne, située quelques kilomètres plus loin, affiche cette fois 0,35 €/kWh. C’est plus cher que la veille, mais nous sommes en journée, donc c’est normal. 

Je décide donc une nouvelle fois de ne pas suivre aveuglément les recommandations de la voiture. C’est d’ailleurs l’une des choses que j’ai apprises pendant ce week-end : le GPS Tesla optimise surtout la rapidité du trajet et les recharges rapides, pas forcément votre portefeuille. 

Nous arrivons tôt le dimanche matin et, évidemment, tous les commerces autour de la borne sont fermés. Cette fois, les 25 minutes de recharge paraissent donc un peu plus longues. Après seulement 1h20 de route, nous n’étions pas fatigués. Nous avons trouvé une autre occupation : une petite brocante installée sur le parking voisin. Et finalement, les 25 minutes sont passées assez rapidement. 

16 % théorique à l’arrivée : aucun stress 

Une fois la recharge terminée, le GPS Tesla prévoit une arrivée à Bruxelles avec 16 % de batterie. Rien d’inquiétant. Nous reprenons donc la route puis la pluie fait son apparition.  Et là, phénomène intéressant : l’autonomie estimée commence doucement à diminuer. 

15 %.
14 %.
13 %.
12%. 

Nous n’étions pas particulièrement inquiets, mais c’était intéressant de voir l’impact de la météo sur la consommation. À plusieurs reprises, la Tesla nous propose même de nous arrêter au Luxembourg pour recharger. Tesla aurait des actions dans les bornes au Luxembourg à toujours me les proposer alors qu’elles sont plus chères ? Je refuse. 

Non pas parce que je suis joueur et que j’avais envie de tester les limites de la voiture, mais simplement parce qu’un Superchargeur situé à proximité d’un Burger King me semblait plus intéressant. Oui, ce week-end n’avait clairement rien d’un stage de nutrition. 

Nous nous arrêtons donc et ajoutons une dizaine de pourcents supplémentaires. Quelques minutes plus tard, nous repartons tranquillement vers Bruxelles. Avec le recul, cette recharge n’était probablement pas indispensable, il aurait simplement fallu réduire légèrement notre vitesse sur autoroute pour récupérer l’autonomie nécessaire. 

Mais alors, ai-je eu peur de tomber en panne ? 

Non, jamais, pas une seule fois pendant les plus de 1.100 km et c’est probablement ce qui m’a le plus surpris. Je pensais qu’à un moment ou un autre, j’allais commencer à regarder l’autonomie restante toutes les cinq minutes, au lieu de ça, j’ai somnolé 2h20 pendant que mon chauffeur roulait.  

Les bornes étaient suffisamment nombreuses et facilement accessibles sur notre trajet pour que nous ne nous sentions jamais sur le fil au niveau de l’autonomie. 

La fameuse “peur de la panne “que l’on associe souvent aux voitures électriques ne m’a tout simplement pas accompagné pendant ce voyage. 

27 € pour plus de 1.100 km 

Au total, ce week-end nous aura coûté 27 € d’électricité pour plus de 1.100 km. 

Nous sommes partis de Bruxelles avec une batterie chargée gratuitement à domicile et nous sommes rentrés avec encore 12 % de batterie. 

Voici le détail de mes quatre recharges : 

Recharge  Prix/kWh  Temps  Coût 
Arrêt repas McDo  0,25 €  30 min  7,64 € 
Pause toilettes  0,26 €  15 min  5,40 € 
Retour + brocante  0,35 €  25 min  11,20 € 
Burger King  0,41 €  6 min  3,17 € 
Total    76 min  27,41 € 

J’arrondis donc à 27 € dans le titre, même si le total exact de ces quatre recharges est de 27,41 €. 

Et surtout, ces 76 minutes de recharge cumulées ne correspondent pas à 76 minutes passées à attendre dans une voiture, une partie de ces temps correspondait à nos repas, aux toilettes ou à se dégourdir les jambes. 

C’est une différence assez importante par rapport à l’image que j’avais avant de faire ce voyage. 

Et avec mon hybride ?  Pour mettre ce chiffre en perspective, j’ai également fait le calcul avec ma voiture hybride. 

Ce n’est pas vraiment le même style de voiture, elle consomme environ 9 litres aux 100 km. 

Sur 1.100 km, cela représente environ 99 litres de carburant. 

Avec un prix d’environ 1,90 €/litre en Belgique et pouvant atteindre 2,30 €/litre en France, la facture aurait dépassé les 200 €. 

Même en tenant compte des différences de consommation, des prix et du fait que ma Tesla a été chargée gratuitement à domicile avant et après le voyage, l’écart reste énorme. 

Évidemment, la comparaison n’est pas totalement parfaite : les conditions de recharge ne sont pas les mêmes que celles d’un plein d’essence et le prix de l’électricité à domicile n’est pas nul. 

Mais cela donne tout de même une idée de la différence de coût que peut représenter un long trajet électrique. 

Tout n’est évidemment pas parfait 

Après vous avoir expliqué que mon week-end électrique était quasiment parfait, il faut quand même que je rappelle que je roule en Tesla et que ma Model 3 a quelques défauts. 

Le confort, par exemple, reste assez moyen à mes yeux. Les bruits de mobilier sont omniprésents. Le siège, le rétroviseur, la portière… il y a toujours quelque chose qui décide de faire “clic”, “clac”ou “grrrrr” quelque part. Heureusement, sur les routes françaises, qui sont excellentes, ça ne faisait que légèrement grincer. Le retour sur les routes belges a été plus douloureux.  Sur ce point, Tesla peut clairement mieux faire. 

Et concernant les longs trajets, l’écosystème Tesla est extrêmement efficace. 

Ce que je retiens de ce premier long trajet 

 La première chose que j’ai comprise, c’est qu’il ne faut pas forcément suivre aveuglément le GPS Tesla. Il cherche surtout à optimiser le temps de trajet et les recharges rapides. Si votre objectif est également de dépenser le moins possible, quelques recherches permettent parfois de trouver des bornes deux fois moins chères sous certaines conditions. Les prix peuvent d’ailleurs énormément varier en fonction de l’endroit et même de l’heure à laquelle vous rechargez. 

 J’ai également découvert qu’une recharge n’est pas forcément une perte de temps. Sur ce trajet, j’ai simplement fait coïncider les recharges avec les pauses que j’aurais de toute façon faites : manger, aller aux toilettes ou marcher un peu. Je n’ai jamais trouvé ça pénible. 

La météo a également un impact réel sur la consommation. La pluie nous l’a clairement montré sur le trajet retour et l’effet est encore plus important lorsque les températures deviennent vraiment basses. 

Sur les grands axes que nous avons empruntés en France, il me paraît vraiment difficile de se retrouver à court de batterie tellement les chargeurs Tesla sont nombreux (je parle uniquement du département dans lequel j’étais). 

Verdict : je recommencerais demain 

Après plus de 1.100 km, ma conclusion est finalement assez simple. 

Est-ce qu’une voiture électrique est capable de faire un long trajet ? Oui.
Est-ce qu’il faut passer son week-end devant une borne de recharge ? Non.
Est-ce qu’il faut stresser en permanence à propos de l’autonomie ? Encore moins. 

Avec ma Tesla Model 3 Long Range, ce premier vrai road-trip électrique s’est déroulé beaucoup plus simplement que je ne l’imaginais. 

Le réseau de recharge, la planification du trajet et surtout la précision des estimations de consommation rendent l’expérience particulièrement rassurante. 

Et finalement, le plus étrange dans tout ça, c’est qu’après quelques heures de route, je ne pensais même plus au fait que je conduisais une voiture électrique (c’est surtout mon fils qui a conduit, mais vous avez compris). Je conduisais simplement une voiture. 

Avec, accessoirement, 27 € d’électricité pour plus de 1.100 km. 

Et ça, je dois bien reconnaître que je ne m’y attendais pas. 

Nicolas Varga

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