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Pourquoi la photo de la Terre d’Artemis II semble plus “pâle” que celle d’Apollo 17

Dans les couloirs de l’histoire spatiale, la photo emblématique de la Terre prise par Apollo 17 en 1972 est une icône visuelle célébrée depuis des décennies, connue sous le nom de “Blue Marble”. Elle montre notre planète entièrement éclairée par le Soleil, dévoilant un globe éclatant de couleurs avec les continents, les océans et les nuages dans toute leur richesse chromatique.

Cette image a été prise le 7  décembre 1972 à 10 h 39 UTC depuis environ 29 400 km de distance alors que le vaisseau se dirigeait vers la Lune, avec l’équipage composé de Eugene Cernan, Ronald Evans et Harrison Schmitt. La photo a été capturée avec un appareil Hasselblad 70 mm sur film Ektachrome avec le Soleil derrière les astronautes, ce qui a permis une pleine illumination de la Terre et des couleurs très riches.

La photo d’Artemis II : contexte et conditions

En avril 2026, la mission Artemis II a produit ses premières images de la Terre depuis le vaisseau Orion, alors que l’équipage, composé de Reid Wiseman (commandant), Victor Glover (pilote), Christina Koch et du Canadien Jeremy Hansen (spécialistes de mission), s’éloignait de la planète pour une trajectoire vers la Lune.

Le premier cliché, transmis le 3 avril 2026, a été pris après la brûlure d’injection translunaire le 2 avril, lorsque la capsule se trouvait à plusieurs centaines de milliers de kilomètres de la Terre. L’astronaute a photographié notre planète à travers une fenêtre d’Orion avec un appareil numérique moderne, capturant non seulement les océans et les nuages, mais aussi des aurores boréales et même la lumière zodiacale (l’éclat solaire diffusé par la poussière interplanétaire).

Pourquoi les couleurs paraissent plus fade

Beaucoup de spectateurs en ligne ont noté que cette image Artemis II semble moins saturée ou “pâle” par rapport au Blue Marble d’Apollo 17. Il y a plusieurs raisons à cela :

Angle d’éclairage et phase de la Terre

La photo de 1972 a été prise avec le Soleil derrière les astronautes, ce qui assure une illumination uniforme et directe de la planète, produisant des couleurs très vives. Dans le cas d’Artemis II, la Terre était partiellement dans l’ombre ou vue en phase, ce qui signifie qu’une portion du globe est partiellement éclairée, créant des contrastes plus doux et donc des couleurs moins saturées dans certaines zones visibles.

Conditions d’exposition et capture numérique

Les clichés d’Artemis II ont été faits à l’aide d’appareils numériques modernes à haute sensibilité. Selon des sources d’observation et des données de forums techniques, certains clichés ont nécessité des paramètres d’exposition longs pour compenser la faible lumière ou la présence d’ombres, ce qui peut réduire le contraste global et “écraser” les couleurs par rapport à une photo prise en pleine lumière sans restrictions. La luminosité des aurores et la lumière zodiacale influencent aussi le rendu global des couleurs de l’image.

Transmission via fenêtres et réflectance

Les photos prises depuis l’intérieur d’un module spatial passent à travers des fenêtres multicouches qui peuvent légèrement altérer la balance des couleurs et la saturation, surtout sous différents angles d’incidence lumineuse, ce qui n’était pas un facteur pour les images prises avec une caméra Hasselblad sur film exposée directement à l’espace.

Comparaison de la santé esthétique des deux images

  • Apollo 17 – Blue Marble : plein disque uniformément éclairé, couleurs saturées, conditions idéales de lumière solaire, film couleur naturel, résultats très contrastés.

  • Artemis II – Terre depuis Orion : illumination partielle, contraste variable selon l’angle Soleil/Terre/photographe, aurores et lumière diffuse présentes, exposition numérique nécessitant des compromis sur la dynamique des couleurs.

En résumé

La différence perçue dans les couleurs n’est pas nécessairement un signe de “moins belle” ou de “moins détaillée”, mais plutôt une combinaison de conditions d’éclairage différentes, de techniques de capture, et de comparaison entre des technologies (film et numérique) et des positions relatives au Soleil et à la Terre.

Apollo 17 a capturé une Terre pleinement et uniformément éclairée, ce qui donne un rendu très saturé et iconique. Artemis II, en revanche, montre la planète dans une phase moins uniforme, avec des jeux d’ombres, d’aurores et d’exposition qui modifient naturellement le rendu des couleurs, donnant parfois une esthétique plus douce ou “pâle”.

Crédit photo : NASA.

Bertrand

Explorateur d'Internet depuis 1995 et toujours à la recherche de la prochaine terre promise connectée. Mangeur de chocolat, fan de cuisine, de rando et de Kindle.

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