Humeurs

L’iPhone Duo : 2 000 balles pour finir avec une coque qui ressemble à un parpaing

Quand j’ai découvert les premières vidéos de l’iPhone Duo, j’ai d’abord cru à une blague. J’ai regardé. J’ai re-regardé. Et je me suis dit : “Non” Pas “Non, je n’aime pas”. Non. Parce qu’à un moment donné, il faut savoir dire stop.

On avait déjà un téléphone. Il était tactile. Il faisait des photos. Il envoyait des messages. Il permettait de regarder, à trois heures du matin, la vidéo d’un type qui restaure une vieille perceuse rouillée. Ça marchait très bien !

Et là, Apple arrive avec son Duo. Duo. Pourquoi Duo ? Parce que solo, apparemment, c’était devenu ringard. Moi, j’attends maintenant l’iPhone Trio. Puis le Quattro. Et pourquoi pas l’iPhone Orchestre ?

Tu téléphones avec les violons, tu prends une photo avec les cuivres, et pour regarder TikTok, tu demandes au chef d’orchestre. Mais il y a surtout une question que personne ne semble poser…

Et avec une coque, ça ressemble à quoi ?

Parce que oui, sur les photos officielles, c’est magnifique. C’est fin. C’est élégant. C’est presque délicat. On nous montre le téléphone posé sur une table blanche, éclairé comme une œuvre d’art. On entend presque une petite musique : “Regardez comme il est fin… “

Oui. Il est fin. Très bien. Maintenant, donnez-le-moi. Parce que moi, je vais lui mettre une coque. Et pas une petite coque décorative qui protège uniquement contre les regards agressifs. Non. Une vraie coque. Parce que je connais ma vie : Je vais le poser sur une table, il va glisser. Je vais le sortir de ma poche, il va tomber. Je vais le tenir avec une main en répondant à un message, quelqu’un va me bousculer. Et il va tomber. Donc : coque.

Et là, j’aimerais beaucoup voir la tête du designer. Parce qu’on vient de passer des années à travailler sur des millimètres. Des ingénieurs ont probablement passé des nuits entières à gagner 0,4 mm. Ils ont étudié les matériaux. Les angles. Les courbes. La prise en main. Ils ont dû se dire : “Cette épaisseur est parfaite.” Et moi, cinq minutes après l’achat : “Attendez, j’ai ma coque.” Et là… PAF !

Tout ce travail disparaît. Le téléphone devient épais. Les bords deviennent énormes. Les proportions changent. Et ce qui devait être une merveille de design commence à ressembler à… un sandwich de station d’autoroute, mais pas en triangle. Un sandwich très cher. Avec du titane. Mais un sandwich.

Et le pire, c’est que plus le téléphone est compliqué, plus la coque va devoir l’être. Parce qu’un téléphone classique, bon, tu mets une coque. Mais là, avec le Duo, il va falloir protéger quoi ? Tout. Les deux parties. Les charnières. Les écrans. Les rebords. Le mécanisme. Bref : tout.

Tout ce qui coûte une fortune et qui est susceptible de casser au premier contact avec le carrelage.

Et je vois déjà les fabricants de coques arriver : “Nous avons conçu une protection ultra-fine.”

Ah ! Très bien !

“Elle ne fait que 1,8 mm.”

1,8 mm ? Mais mon téléphone faisait justement 1,8 mm de moins avant que vous lui mettiez votre coque ! C’est formidable. On invente un téléphone ultrafin, puis on invente un accessoire pour lui rendre l’épaisseur qu’on venait de lui enlever. C’est comme acheter une Formule 1 et lui mettre des pneus de tracteur pour être sûr de ne pas les abîmer.

Et alors, esthétiquement… Pardon. Mais j’ai peur. Parce qu’il y a un moment où il faut accepter une vérité simple : une coque, c’est rarement plus beau que le téléphone qu’elle protège.

Une coque transparente ? Elle jaunit. Une coque noire ? Ça fait appareil médical. Une coque renforcée ? Ça fait équipement militaire. Une coque portefeuille ? Ça fait vieux daron.

Et si le Duo a déjà une forme particulière, je ne veux même pas imaginer ce que les fabricants vont nous proposer. Une coque avec des renforts partout. Des protections autour des protections. Des petits coussins. Des rebords. Des charnières. On ne parlera plus d’un smartphone. On parlera d’un étui de transport homologué pour matériel sensible.

Et le plus merveilleux, c’est qu’on finira par ne même plus voir le téléphone. On aura payé une fortune pour un objet au design révolutionnaire… et on le regardera à travers une coque en plastique.

Magnifique. Vraiment. Le progrès. On a réussi à fabriquer un téléphone qu’il faudra tellement protéger qu’on ne pourra plus admirer le téléphone.

C’est un peu comme emballer une sculpture de Rodin dans du papier bulle. Et après, on dira : “Regardez comme c’est beau.” Non. Moi, je regarderai ma coque. Et je me demanderai combien elle m’a coûté. Puis je regarderai le téléphone à l’intérieur. Et je me dirai : “Finalement, j’aurais peut-être dû acheter une brique. “

Et c’est là que je comprends le génie absolu du concept. Apple va me vendre un téléphone révolutionnaire à prix d’or. Puis je vais dépenser encore une petite fortune pour une coque afin de le transformer en objet quelconque. Et pendant ce temps, mon ancien téléphone, nu, posé sur la table… me regarde. Il fonctionne encore parfaitement. Il est fin. Il est beau. Il fait exactement ce que je lui demande. Et surtout… il ne me coûte plus rien.

Le salaud.

Bertrand

Explorateur d'Internet depuis 1995 et toujours à la recherche de la prochaine terre promise connectée. Mangeur de chocolat, fan de cuisine, de rando et de Kindle.

Recent Posts

GPT-6 Astra avec Codex : l’IA qui ne se contente plus de vous répondre, elle se met au travail

On a connu l’époque où l’on demandait à ChatGPT de rédiger un mail, d’expliquer une…

3 heures ago

IA : Mais qu’est-ce donc que le LLM ? Comment démarrer ?

On entend parler d’intelligence artificielle partout, tellement partout qu’il devient presque difficile de regarder une…

4 heures ago

RTL-TVi : quand “Coûte que coûte” passe l’aspirateur… et ramasse quelques boulettes

J’ai pris le temps de regarder deux fois le dernier reportage de Coûte que Coûte…

5 heures ago

Trump promet 5 000 dollars à chaque adulte américain : jackpot électoral ou chèque en bois ?

Donald Trump vient de trouver une nouvelle façon de rendre les élections américaines légèrement plus……

7 heures ago

Découverte de Plaud One : le petit boîtier autonome qui donne (presque) envie d’enchaîner les réunions

Jusqu’ici, je regardais les enregistreurs dopés à l’IA avec une certaine distance. Je comprenais l'intérêt…

7 heures ago

TEST – DEEBOT T90 MAX PRO OMNI : enfin réconciliée avec le ménage !

Quand ECOVACS m’a proposé de tester son nouveau DEEBOT T90 MAX PRO OMNI, je n’ai…

8 heures ago