Certaines voitures donnent envie de prendre la route. D’autres donnent envie de déménager à la campagne. Et puis il y a la nouvelle Citroën 2CV électrique, qui semble avoir été dessinée par un stagiaire de Pixar après un repas de famille chez ses grands-parents en 1964.
Présentée au Mondial de l’Auto de Paris, cette future “Deuche” électrique a une bouille absolument improbable, un intérieur qui sent la naphtaline et une ambition : rendre la voiture électrique accessible dès 15.000 euros. Bon, pour le prix, on parle encore d’un objectif. Pour le reste, il va falloir qu’on en discute.
Commençons par l’extérieur. Citroën a ressorti la 2CV du placard, l’a passée dans un logiciel de modélisation 3D et a demandé aux designers de conserver l’esprit de l’originale. Résultat : une petite voiture de 3,76 mètres de long, avec ses phares ronds, son capot nervuré, ses ailes rebondies et ses proportions qui semblent tout droit sorties d’un dessin animé.
On s’attend presque à la voir cligner des yeux au feu rouge, pousser un petit soupir et nous demander si nous avons bien attaché notre ceinture. Elle possède cette bouille sympathique qui donne envie de lui parler comme à un animal domestique. Il ne lui manque finalement qu’un prénom, un compte Instagram et une petite voix française avec un accent du Sud.
Je reconnais toutefois une chose : elle a de la personnalité pour une voiture qui ressemble à ce machin Fisher-Price que j’avais quand j’étais petit (avec un coffre, vous voyez ?). Dans un monde automobile où les SUV ressemblent de plus en plus à des réfrigérateurs sous stéroïdes (coucou Elon), cette petite chose ronde a au moins le mérite de ne pas se prendre pour un char d’assaut. C’est déjà ça.
Mais le véritable spectacle se déroule dans l’habitacle. Si l’extérieur évoque un personnage de Pixar, l’intérieur semble avoir été confié à une décoratrice spécialisée dans les salons familiaux des années 60.
Banquette à motifs, couleurs joyeuses, formes arrondies et petits accessoires amusants : il ne manque que le napperon sur la télévision, le calendrier de la Possss’ (on dit comme ça dans le Borinage, oui !) et la photo du petit dernier en communion solennelle. On imagine presque le vendeur expliquer que les sièges sont inspirés du mobilier vintage, alors que Mamy Odette possède exactement le même tissu sur ses chaises depuis 1967.
Le plus drôle, c’est que Citroën semble parfaitement assumer cette ambiance. L’objectif est de retrouver la simplicité et la convivialité de la 2CV originale, sans transformer la voiture en musée roulant. Soit. Mais entre une réinterprétation moderne du patrimoine et une salle à manger de province sur roues, la frontière est parfois aussi fine qu’un rideau en dentelle.
La console centrale amovible, qui ressemble à un petit panier en osier, mérite d’ailleurs une mention spéciale. On se demande si elle est destinée à accueillir les clés, le smartphone ou les trois pommes achetées au marché. Dans le doute, j’y mettrais bien une baguette et un pot de confiture. Au moins, le décor serait cohérent.
Rassurez-vous, nous ne sommes pas totalement revenus à l’époque où le summum de la technologie consistait à remonter une vitre avec une manivelle. Cette 2CV dispose d’un écran central de 8 pouces et d’un affichage plus discret devant le conducteur. L’interface graphique adopte un style ludique, presque celui d’une bande dessinée.
Le système audio amovible, lui aussi, joue la carte du clin d’œil rétro. On imagine déjà les propriétaires expliquer à leurs enfants qu’autrefois, on pouvait écouter de la musique sans abonnement, sans connexion permanente et sans demander à une intelligence artificielle de choisir une playlist adaptée à son humeur.
Autre détail savoureux : les rangements des portières ont été imaginés pour accueillir des œufs. Oui, des œufs. Parce qu’apparemment, transporter des œufs dans une voiture électrique en 2028 constitue encore un argument marketing susceptible de faire vibrer l’Europe.
Il faut dire que la 2CV originale avait été pensée pour les besoins simples de la population, notamment pour transporter des personnes et des produits agricoles. Le clin d’œil est donc plutôt bien trouvé. Reste à savoir si les œufs seront inclus dans le prix ou proposés en option à 299 euros.
Sur le papier, l’idée est pourtant intéressante. Citroën annonce un futur modèle de série attendu à l’horizon 2028, avec une ambition tarifaire proche de 15.000 euros. La voiture sera électrique, compacte et fabriquée en Europe, avec l’objectif de répondre à la future réglementation européenne consacrée aux petites voitures abordables.
Et c’est là que les choses deviennent sérieuses. Parce qu’une voiture électrique à 15.000 euros, ce n’est pas une mauvaise idée. C’est même exactement ce dont le marché a besoin si l’on souhaite que l’électrique ne reste pas réservé aux automobilistes capables de vendre un rein pour financer leur prochaine voiture.
Par contre, ne sortons pas encore le mauvais Cava. Il s’agit d’un concept et d’un objectif de prix, pas d’une offre commerciale gravée dans le formica. Nous ne connaissons pas encore les caractéristiques définitives de la batterie, l’autonomie homologuée, les performances ni l’équipement de série du modèle de production. Autrement dit, nous avons une jolie carrosserie, un intérieur qui ferait sourire une maison de retraite et un prix annoncé qui demande encore à être concrétisé.
La future 2CV électrique a donc un sacré défi à relever. Elle doit faire revivre une légende sans se contenter de lui coller une prise de recharge dans le derrière. Elle doit être abordable, pratique et suffisamment moderne pour convaincre des automobilistes qui n’ont jamais connu la Deuche originale.
Son look de personnage de dessin animé et son intérieur de “salon familial” lui donnent au moins une identité. C’est déjà plus que certaines voitures modernes qui ressemblent à des aspirateurs industriels avec des jantes de 20 pouces.
Personnellement, je lui souhaite de réussir. Si Citroën parvient à commercialiser cette petite chose autour de 15.000 euros, avec une autonomie décente et sans transformer chaque équipement en supplément payant, elle pourrait faire un joli pied de nez aux voitures électriques hors de prix.
Mais j’ai tout de même une dernière question : si l’on branche cette 2CV dans le garage de ses grands-parents, est-ce qu’elle recharge sa batterie ou est-ce qu’elle se met automatiquement à préparer le café dans un service à fleurs qu’on a obtenu gratuit chez Esso en 1971 ?
Présentation de la Citroën 2 CV électrique, de son design rétro, de son habitacle et de son prix cible annoncé.
Présentation du concept électrique, de son style inspiré de la 2CV originale, de son intérieur coloré et de l’objectif de prix pour le futur modèle de série.
Communiqué officiel présentant le concept au Mondial de l’Auto de Paris, ses dimensions de 3,76 mètres, son habitacle et l’ambition d’un prix de départ proche de 15.000 euros. Le modèle de série est envisagé à l’horizon 2028.
Informations complémentaires sur les dimensions du concept, son positionnement parmi les petites citadines électriques et les incertitudes concernant son autonomie et sa commercialisation.
Mise en perspective du projet dans la stratégie européenne de Stellantis, face à la concurrence et à la demande de voitures électriques plus accessibles.
Photos officielles : Stellantis.
On connaissait les cyberattaques contre les hôpitaux, les administrations, les entreprises et les infrastructures énergétiques.…
Google vient de dévoiler le Fitbit Edge, un nouveau bracelet connecté qui pourrait bien…
Google revient enfin avec une nouvelle enceinte connectée. Et cette fois, le gros argument n'est…
Les USA dépensent des fortunes pour dominer l’intelligence artificielle. Mais si des modèles chinois moins…
J’ai un iPad Air 2 acheté en 2014. Oui, 2014. Une époque formidable où l’on…
Imaginez un instant que Stanislas mette le feu au jardin de Marco, que vous aidiez votre…