Belgique : Chez Colruyt, 134 robots préparent vos courses cinq fois plus vite
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Chez Collect&Go, les courses en ligne prennent désormais des airs de science-fiction. À Londerzeel, en Belgique, 134 robots autonomes parcourent un immense système de stockage pour apporter les produits aux préparateurs de commandes. Colruyt promet davantage de rapidité, moins d’efforts physiques et une capacité de traitement doublée à terme. Reste une question : quand les machines font une partie du boulot, que deviennent les humains ?
134 robots, et pas un seul pour porter vos sacs jusqu’à la voiture
Imaginez que vous commandiez en ligne vos pâtes, votre café, quelques conserves et ce paquet de biscuits que vous aviez pourtant juré de ne plus acheter. Dans un entrepôt traditionnel, un préparateur doit se déplacer entre les rayonnages pour récupérer vos produits, parfois en parcourant des kilomètres au fil de sa journée.
Chez Collect&Go, le service de courses en ligne de Colruyt Group, une partie du processus fonctionne désormais à l’envers : ce ne sont plus les employés qui vont chercher les marchandises, ce sont les marchandises qui viennent à eux.
Dans le centre de distribution de Londerzeel, 134 robots autonomes circulent dans une installation automatisée comptant environ 40 000 emplacements de stockage. Leur mission consiste à récupérer les bacs contenant les articles commandés et à les acheminer vers des postes où travaillent les préparateurs.
Les robots ne ressemblent pas à des humanoïdes sortis d’un film de science-fiction. Ce sont plutôt de petits engins mobiles capables de se déplacer dans un système de rayonnages et d’y grimper pour récupérer les marchandises. Moins impressionnant qu’un Terminator, certes, mais probablement beaucoup plus utile lorsqu’il faut retrouver une boîte de petits pois.
Cinq fois plus rapide, mais attention à ce que cela signifie
Colruyt annonce que ce système permet une préparation des commandes jusqu’à cinq fois plus rapide. Une formule impressionnante, mais qui mérite une précision : il s’agit d’un gain de performance annoncé pour les opérations concernées, pas de la promesse que vos courses seront disponibles cinq fois plus tôt au point de retrait.
Le temps nécessaire pour recevoir une commande dépend toujours de nombreux facteurs : disponibilité des produits, organisation logistique, transport et créneaux de retrait.
L’objectif est surtout de réduire les déplacements inutiles et d’augmenter le nombre de commandes que le centre peut traiter. À terme, Colruyt souhaite porter le nombre de robots à 200 et doubler la capacité du site dans les cinq prochaines années.
Pour cela, le groupe a investi 19 millions d’euros dans cette automatisation. De quoi acheter une quantité respectable de chariots de supermarché, mais visiblement Colruyt a préféré des machines capables de grimper aux étagères.
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Une technologie française qui joue à Tetris avec vos courses
Derrière cette installation se trouve Exotec, une entreprise française spécialisée dans l’automatisation des entrepôts. Son système, baptisé Skypod, transforme le stockage en une immense structure verticale dans laquelle les robots se déplacent pour récupérer les produits.
L’idée ressemble à un gigantesque distributeur automatique, sauf qu’au lieu de laisser tomber votre paquet de chips dans un compartiment, la machine apporte le bon bac à un employé. Celui-ci sélectionne les articles, vérifie la commande et les dispose dans les caisses Collect&Go.
Et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, cette automatisation n’est pas réservée à trois produits faciles à manipuler. Colruyt indique que plus de 80 % de l’assortiment Colruyt et Bio-Planet passe déjà par ce système, mis progressivement en service depuis le printemps 2026.
Le dispositif permet également des contrôles automatiques sur les quantités et les dates de péremption. Il ne garantit pas qu’une erreur ne se produira jamais, mais il ajoute des vérifications au processus.
C’est un changement assez important : le préparateur ne passe plus l’essentiel de son temps à chercher les produits, mais peut consacrer davantage d’attention à leur contrôle et à leur conditionnement.
Et les 250 employés ? On les remplace par des prises électriques ?
C’est évidemment la question qui accompagne chaque nouvelle installation robotisée. Lorsqu’une entreprise annonce que ses machines travaillent cinq fois plus vite, les salariés ont parfois une légère tendance à regarder leur fiche de paie avec inquiétude.
Colruyt assure que les robots sont là pour assister les employés, pas pour les faire disparaître. L’entreprise met notamment en avant la réduction des déplacements, des gestes répétitifs et de certaines contraintes physiques.
Il faut reconnaître qu’une journée passée à arpenter un entrepôt pour récupérer des conserves n’a rien d’une promenade touristique. Si un robot peut éviter ces kilomètres et laisser davantage de temps pour contrôler les commandes, le bénéfice ergonomique est parfaitement plausible.
Mais il serait naïf d’ignorer l’autre dimension : l’automatisation permet aussi de produire davantage avec une organisation du travail différente. C’est précisément pour cela que les entreprises y investissent.
Le site employait déjà environ 250 personnes lors du développement de ses activités de livraison à domicile. À l’époque, Colruyt envisageait même des recrutements supplémentaires pour accompagner sa croissance. Cela ne constitue toutefois pas une garantie sur l’évolution future des effectifs après l’arrivée des robots.
Autrement dit, aucune suppression d’emploi directement liée à cette installation n’est annoncée dans le communiqué du 29 octobre. Mais il faudra observer, dans les prochaines années, si la hausse des volumes s’accompagne de nouveaux recrutements, d’une transformation des métiers ou d’une diminution des besoins en personnel par commande.
La nuance est importante : un robot qui assiste un salarié aujourd’hui peut aussi modifier les besoins de recrutement demain, sans qu’il soit possible d’en déduire automatiquement des licenciements.
Et pour le client, des courses moins chères ?
Colruyt investit dans l’automatisation pour préparer davantage de commandes, soutenir sa politique de prix bas et accompagner la croissance de Collect&Go. Mais les consommateurs vont-ils réellement payer leurs courses moins cher ?
Les 19 millions d’euros investis dans l’installation robotisée ne s’accompagnent d’aucune réduction tarifaire chiffrée annoncée aux clients. Votre prochain paquet de café ne sera donc pas automatiquement moins cher parce qu’un robot est allé le chercher.
Attention à ne pas confondre :
les 50 points d’enlèvement représentent uniquement les sites actuellement approvisionnés par le centre automatisé de Londerzeel. Collect&Go dispose d’un réseau national bien plus vaste, dépassant 240 points de retrait. Quant aux 15 points supplémentaires par an, il s’agit d’un objectif de développement annoncé, pas d’ouvertures déjà réalisées.
✓ Davantage de capacité : le centre pourra préparer davantage de commandes, notamment lors des périodes de forte demande.
✓ Un réseau plus accessible : l’augmentation prévue des points desservis pourrait faciliter le retrait des courses.
✓ Des commandes mieux contrôlées : l’automatisation peut contribuer à limiter certaines erreurs et à améliorer la fiabilité de la préparation.
Le verdict :
les robots vont plus vite, les entrepôts deviennent plus efficaces et le réseau pourrait s’étendre. En revanche, aucune baisse des prix n’est promise. Pour le moment, c’est surtout le robot qui fait des économies de pas. Le client, lui, attend toujours celles sur son ticket de caisse.
Source : Colruyt Group, communiqué officiel du 29 octobre 2026. Les chiffres de développement du réseau correspondent aux annonces et objectifs du groupe.

Le futur des courses est déjà dans l’entrepôt
Avec ses 134 robots, Colruyt illustre une évolution qui dépasse largement le secteur alimentaire : les machines prennent en charge une partie des déplacements et des manipulations, tandis que les humains restent responsables des opérations nécessitant du jugement, du contrôle et de l’adaptation.
Sur le papier, tout le monde est gagnant : les commandes avancent plus vite, les employés marchent moins et les clients récupèrent leurs courses dans de meilleures conditions. Reste à vérifier comment cet équilibre évoluera lorsque l’installation atteindra sa pleine capacité.
En attendant, les robots de Londerzeel ont déjà une qualité que beaucoup de clients leur envieront : ils peuvent parcourir les rayonnages sans jamais revenir avec trois articles supplémentaires qu’ils n’avaient absolument pas prévu d’acheter.
Sources et références
Cet article s’appuie sur les communications officielles de Colruyt Group et du fabricant français Exotec, ainsi que sur la presse spécialisée belge. Les données et objectifs annoncés correspondent aux informations disponibles au 29 octobre 2026.
Plus de 100 robots aident désormais à préparer les courses en ligne à Londerzeel
Source principale de l’article. Colruyt confirme l’installation de 134 robots, l’investissement de 19 millions d’euros, les 40 000 emplacements de stockage et l’objectif de doubler la capacité du centre en cinq ans. Le communiqué détaille également les bénéfices attendus pour les clients et les employés.
Exotec accompagne Collect&Go dans son processus d’automatisation
Le fabricant français présente le projet initial, les raisons du choix du système Skypod et son fonctionnement. Colruyt annonçait alors viser une amélioration de productivité de 35 % grâce à cette technologie.
Collect&Go : présentation du service de courses en ligne
Présentation générale de Collect&Go, de ses points d’enlèvement, de ses livraisons à domicile et de l’organisation de la préparation des commandes dans les magasins et les centres logistiques.
Collect&Go investit 19 millions dans une installation robotisée Exotec à Londerzeel
Le média belge spécialisé dans la logistique revient sur la mise en service de l’installation, sa conception, les capacités de stockage et les objectifs d’automatisation du centre de Londerzeel.
Crédit photo : Colruyt group.
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