Belgique : Ryanair supprime 20 lignes en Belgique – Charleroi va-t-il payer la facture ?

Vous aviez prévu un petit city-trip à prix cassé cet hiver ? Avant de sortir votre valise du grenier, mieux vaut vérifier votre destination. Ryanair vient d’annoncer une réduction importante de son programme hivernal en Belgique : 20 lignes supprimées, 1,1 million de sièges en moins et six avions retirés du pays. À Charleroi, la réduction de la flotte s’accompagnerait de 200 emplois supprimés, selon les informations publiées ce mardi.

La compagnie irlandaise désigne un coupable : la hausse de la taxe fédérale sur les billets d’avion. Mais derrière cette nouvelle bataille entre Ryanair et les autorités belges, une question se pose : qui va réellement payer la note ?

Vingt lignes supprimées, et Charleroi en première ligne

Ryanair a présenté ce mardi 20 octobre son programme réduit pour l’hiver 2026-2027. La compagnie annonce la suppression de 20 lignes au départ des aéroports de Charleroi et de Bruxelles-Zaventem, soit 1,1 million de sièges en moins sur la saison hivernale.

La réduction concerne également six avions retirés des opérations belges. Selon la compagnie, ces appareils représentent un investissement de 600 millions de dollars. Il ne s’agit donc pas simplement de supprimer quelques rotations dans un tableau Excel, mais de déplacer une partie des moyens consacrés au marché belge vers d’autres destinations.

Charleroi est particulièrement concerné. La compagnie prévoit d’y réduire sa flotte à 13 avions pendant la saison hivernale, qui débute le week-end prochain. À Zaventem, Ryanair réduit également son offre et ne conservera qu’une seule liaison, vers Dublin, selon les informations annoncées aujourd’hui.

Le détail des destinations supprimées montre que les voyageurs ne sont pas tous concernés de la même manière. Des liaisons vers plusieurs villes européennes disparaissent du programme, notamment Newcastle, Dubrovnik, Sarajevo, Oviedo et certaines destinations italiennes ou polonaises au départ de Charleroi. À Zaventem, des destinations comme Málaga, Madrid, Porto et Rome sont également concernées.

Le résultat est spectaculaire : une réduction de l’offre aérienne belge qui touche directement les voyageurs, mais aussi les activités économiques liées aux aéroports.

La taxe aérienne dans le viseur de Ryanair

Pour comprendre cette décision, il faut regarder du côté de la fiscalité. La Belgique augmente progressivement la taxe fédérale sur les billets d’avion. Elle est passée de 2 euros par passager en janvier 2025 à 5 euros actuellement et doit atteindre 7 euros au 1er janvier 2027.

Pour Ryanair, cette augmentation représente une hausse de 250 % par rapport au montant de départ. La compagnie estime que cette fiscalité rend les aéroports belges moins compétitifs face à ceux de pays européens qui ont supprimé leurs taxes aériennes ou réduit certains coûts.

Michael O’Leary, le patron de Ryanair, ne s’est évidemment pas contenté d’un communiqué poli rédigé par un service juridique particulièrement prudent. Il appelle le gouvernement fédéral dirigé par Bart De Wever à abandonner cette taxe et affirme que son maintien entraînera de nouvelles réductions de capacités.

Il a également présenté un plan de croissance sur sept ans pour la Belgique. Selon lui, si le pays revenait sur sa politique fiscale, Ryanair pourrait ouvrir une centaine de nouvelles lignes et créer jusqu’à 1 000 emplois. Ces chiffres correspondent toutefois à une possibilité avancée par la compagnie, pas à des engagements fermes de création d’emplois.

Il faut distinguer les faits du discours commercial. Les suppressions de lignes et le retrait d’avions sont annoncés par Ryanair. En revanche, les conséquences économiques globales avancées par la compagnie, notamment sur le tourisme et l’emploi, relèvent en partie de son argumentaire contre la politique fiscale belge.

Ryanair défend ses intérêts commerciaux. C’est parfaitement logique : une compagnie aérienne cherche à exploiter ses avions là où elle estime pouvoir les rentabiliser le mieux.

Deux cents emplois supprimés à Charleroi

La réduction annoncée ne concerne pas uniquement les voyageurs qui espéraient s’offrir quelques jours à Rome, Barcelone ou ailleurs en Europe pour le prix d’un plein de courses.

Selon une dépêche Belga publiée ce mardi par Télésambre, la décision entraîne la suppression de 200 emplois basés à Charleroi.

Il faut rester précis : cette annonce concerne les emplois associés aux activités de Ryanair. Elle ne signifie pas que 200 personnes travaillant pour toutes les entreprises de l’aéroport seront nécessairement licenciées. Les conséquences exactes dépendent de l’organisation de la compagnie et des mesures prises pour accompagner cette réduction.

L’impact potentiel dépasse également les effectifs de Ryanair. Les vols génèrent de l’activité pour les commerces de l’aéroport, les sociétés de nettoyage, les services de manutention, les parkings, les taxis et les entreprises qui travaillent avec les voyageurs.

Moins de vols peut donc signifier moins de passagers, moins de dépenses sur place et une pression supplémentaire sur certains prestataires.

Pour la région de Charleroi, l’enjeu est important. L’aéroport constitue une infrastructure économique majeure, et son activité contribue à faire vivre un ensemble d’entreprises qui ne vendent pas elles-mêmes de billets d’avion.

Les voyageurs vont-ils payer plus cher ?

C’est la grande question, et la réponse n’est pas aussi simple qu’un billet à 19,99 euros affiché en gros sur une publicité.

La suppression de lignes réduit les possibilités de voyager directement depuis Charleroi pendant l’hiver. Certains passagers devront choisir une autre compagnie, partir d’un autre aéroport ou modifier leurs dates.

Une diminution de l’offre peut également réduire la concurrence sur certaines destinations. Mais cela ne signifie pas automatiquement que tous les billets vont augmenter : les prix dépendront aussi de la demande, des capacités maintenues par les autres compagnies et de la stratégie commerciale de Ryanair.

Ce mardi, Michael O’Leary a également averti que les tarifs aériens pourraient augmenter sensiblement en 2027 en raison de la hausse attendue du prix du carburant. Selon Euronews, Ryanair a indiqué avoir couvert une partie de ses besoins en carburant à un prix d’environ 67 dollars le baril pour cette année, mais s’attend à payer beaucoup plus cher lorsque cette protection prendra fin.

Il s’agit d’une prévision du patron de Ryanair, pas d’une hausse déjà appliquée aux billets. L’évolution du prix du pétrole, les contrats d’approvisionnement et la concurrence détermineront le prix final payé par les voyageurs.

Les passagers ayant déjà réservé un vol doivent surtout vérifier les informations communiquées par la compagnie concernant leur liaison. L’annonce d’une réduction du programme hivernal ne signifie pas que tous les vols Ryanair au départ de Charleroi sont supprimés, ni que chaque réservation existante est annulée.

Autrement dit, inutile de jeter immédiatement votre réservation à la poubelle. Mais vérifier son statut avant de partir reste une excellente idée.

Une bataille qui pourrait continuer

Ryanair présente sa décision comme une conséquence directe de la fiscalité belge. La compagnie affirme que les avions et les capacités retirés peuvent être redéployés vers des marchés jugés plus intéressants.

Elle laisse également entendre qu’un changement de politique fiscale pourrait favoriser un retour de capacités supplémentaires. Il ne s’agit toutefois pas d’une promesse ferme de rétablir les lignes supprimées.

Le gouvernement fédéral doit, de son côté, arbitrer entre les recettes attendues de la taxe et les conséquences possibles pour le secteur aérien. La fiscalité des billets d’avion s’inscrit aussi dans un débat plus large sur le coût environnemental du transport aérien et la manière de le prendre en compte.

La difficulté est de mesurer l’effet réel de la taxe sur les décisions des compagnies. Ryanair la désigne comme la cause de ses réductions, mais l’évolution du trafic dépend aussi d’autres facteurs, notamment la demande saisonnière, les coûts d’exploitation et les choix commerciaux.

Dans un entretien accordé aujourd’hui à Euronews, Michael O’Leary a élargi ses critiques à la compétitivité du transport aérien européen. Il a notamment attaqué les règles environnementales européennes, qu’il juge défavorables aux compagnies européennes par rapport à certains transporteurs internationaux. Ces déclarations illustrent sa stratégie de pression sur les autorités, mais ne constituent pas en elles-mêmes une évaluation indépendante de l’efficacité des politiques fiscales ou environnementales.

Conclusion : les billets à bas prix ont parfois un prix politique

Cette annonce est une mauvaise nouvelle pour les voyageurs qui comptaient sur certaines liaisons hivernales, mais aussi pour l’activité économique de Charleroi. Avec 20 lignes supprimées à l’échelle belge, 1,1 million de sièges en moins et 200 emplois concernés à Charleroi selon les informations publiées aujourd’hui, la réduction est loin d’être symbolique.

Ryanair veut faire pression sur le gouvernement en mettant en avant les conséquences de la taxe aérienne. Les autorités devront déterminer si les recettes attendues justifient le risque de voir une partie du trafic se déplacer vers d’autres pays.

En attendant, une chose est certaine : les compagnies aériennes savent parfaitement transformer un conflit fiscal en bataille commerciale. Et lorsque les avions changent de destination, les voyageurs et les travailleurs locaux risquent de se retrouver au milieu du tarmac.

Le billet à bas prix, c’est bien. Encore faut-il que l’avion décolle de l’aéroport où vous comptiez monter dedans.

Ryanair supprime 20 lignes en Belgique

Programme hivernal 2026-2027 : les destinations concernées au départ de Zaventem et de Charleroi.

20
lignes supprimées
1,1 M
sièges en moins
6
avions retirés

Bruxelles-Zaventem : 7 destinations supprimées

Barcelone
Madrid
Malaga
Marrakech
Porto
Rome
Valence

Selon Belga, Dublin sera la seule liaison Ryanair maintenue au départ de Zaventem durant la période concernée.

Charleroi : 13 lignes supprimées

Ryanair annonce la suppression de 13 liaisons au départ de l’aéroport de Charleroi. La liste exhaustive de ces treize lignes n’est pas détaillée dans les sources consultées.

Destinations citées dans les premiers comptes rendus : Milan-Bergame, Barcelone, Lisbonne, Rome-Ciampino, Cracovie et Majorque.

À noter : ces six destinations sont mentionnées parmi les liaisons touchées, mais les sources disponibles ne permettent pas de confirmer qu’elles constituent la liste complète des suppressions au départ de Charleroi.

Informations publiées le 20 octobre 2026 pour le programme hivernal 2026-2027. Les destinations et fréquences peuvent évoluer selon les mises à jour de la compagnie.

Ce qu’en dit la presse

Plusieurs médias rapportent la réduction du programme hivernal de Ryanair en Belgique, les conséquences pour Charleroi et les arguments avancés par la compagnie concernant la taxe aérienne.

PRESSE RÉGIONALE · BELGA

Ryanair réduit son offre en Belgique : 200 emplois en moins à Charleroi

20 octobre 2026

La dépêche Belga détaille l’annonce de vingt destinations supprimées, de 1,1 million de sièges en moins et de six avions retirés. Elle précise que Ryanair ne conservera qu’une liaison vers Dublin à Zaventem et annonce 200 emplois concernés à Charleroi.

PRESSE ÉCONOMIQUE · ZONEBOURSE

Ryanair supprime 20 lignes au départ de la Belgique, le titre recule

20 octobre 2026

Un compte rendu économique qui confirme la réduction des capacités belges et présente la position de Ryanair sur la hausse de la taxe fédérale sur les billets d’avion.

PRESSE FINANCIÈRE · OPTION FINANCE

Ryanair supprime 20 lignes au départ de la Belgique

20 octobre 2026

Cet article reprend les principaux chiffres annoncés par Ryanair et explique le différend autour de la fiscalité aérienne belge et de la compétitivité des aéroports.

PRESSE EUROPÉENNE · EURONEWS

De Berlin à Tenerife : les destinations que Ryanair ne desservira plus en 2026

11 mars 2026

Un article de contexte européen qui évoque aussi les réductions de lignes en Belgique et cite plusieurs destinations concernées, notamment Milan-Bergame, Barcelone, Lisbonne, Rome-Ciampino, Cracovie et Majorque. Cette liste ne constitue pas l’inventaire complet des vingt lignes supprimées annoncé en octobre.

À retenir : les chiffres de réduction sont rapportés par plusieurs médias. En revanche, l’attribution directe de ces suppressions à la hausse de la taxe aérienne correspond à l’explication avancée par Ryanair ; elle doit être présentée comme la position de la compagnie, et non comme une causalité démontrée indépendamment.

 


Les bons plans du jour

Aucun bon plan disponible pour le moment.

Bertrand

Bertrand

Explorateur d'Internet depuis 1995 et toujours à la recherche de la prochaine terre promise connectée. Mangeur de chocolat, fan de cuisine, de rando et de Kindle.