Carte collaborative – Google Maps, what else ?

Non, il ne s’agit pas de retrouver Georges au hasard d’un coin de rue, avec un expresso à la main, en parcourant Hollywood sur Street View. Nous allons vous parler de cartes… collaboratives.

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Ah ces bonnes vieilles cartes IGN pleines de traces de saucisson pur porc ingurgité lors de votre dernière randonnée dans les Pyrénées. Il y a belle lurette qu’elles ont servi à allumer un feu de camp au cours d’une soirée un peu frisquette.

La carte papier c’est  has been vous me direz, tout le monde utilise Google Maps ! Les cartes dématérialisées sont non seulement d’une accessibilité déconcertante ; mais ce qui est cool, c’est que c’est collaboratif ! La cartographie collaborative, c’est l’élaboration collective de cartes par un ensemble d’utilisateurs qui ne sont, à la base, pas du tout des pros de la carto !

Mais hormis Google Maps… connaissez-vous vraiment des alternatives? Après de nombreuses décennies de quasi-monopole de l’information géographique institutionnelle, zoomons un bref instant sur l’information géographique désormais… commerciale.

Cartographie = Big Busine$$ !

Voici donc l’état des routes :

Google Maps : what else ? Google consacre plus d’1 milliard de billets verts par année pour maintenir sa cartographie à jour, et ce sans compter les $1,5 milliards dépensés pour l’acquisition du système de cartographie et navigation Waze. Google n’a pas attendu le rachat de Waze, avec son principe simple où la carte est enrichie via ses utilisateurs, pour se mettre à la cartographie collaborative.

En 2009 déjà, Google a créé la surprise en rayant carrément de la carte Tele Atlas, jusque-là son principal fournisseur de données cartographiques. Depuis lors, Google Maps est maintenu par une variété de sources dont les désormais célèbres Google Street View Cars en combinaison avec une armada de Google Trekkeurs quant à eux, beaucoup moins connus. C’est également au moment de négocier ce virage serré que le bulldozer de Mountain View a ajouté la possibilité, pour le commun des googleurs, de signaler des erreurs dans la carte en addition aux nombreuses techniques de crowd-sourcing déjà utilisées.

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Un Google Trekkeur balayant le Grand Canyon

Bing Maps : rassurez-vous, Google est loin d’être la seule entreprise qui s’acharne à cartographier les moindres recoins de notre planète bleue. Microsoft est un des plus sérieux rival en offrant, au sein de la suite Microsoft Bing, la solution cartographique Bing Maps.

Here : la principale source de données cartographiques de Bing Maps est nulle autre que Navteq. Mais attention… boucler votre ceinture ! En 2007, Nokia annonçait l’acquisition de Navteq pour 8,1 milliards de dollars. Plus tard, en 2011, Navteq était entièrement absorbée et renommée Nokia Maps.

Puis vient la marque Here  toujours créée par Nokia qui cède finalement le tout, pas plus tard qu’au mois d’août dernier, à un consortium formé de BMW Group, Audi AG et Daimler AG pour la modique somme de 2,8 milliards d’euro.

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Voiture Here sur le point de griller un feu rouge

TomTom Maps : d’autre part, le hollandais Tele Atlas est acquis en 2008 par TomTom, le fabricant de systèmes de navigation GPS, pour un montant de 2,9 milliards d’euro. Gros sous on avait dit ! Vous avez compris, l’enjeu est de mettre à disposition les cartes les plus précises et les plus exhaustives possibles sur chaque smartphone, GPS, montre connectée ou voiture. Et la bataille est féroce ! On n’a qu’à penser à la course lancée à toute allure pour la voiture à conduite autonome.

TeslaMaps : tout le monde s’y met. Tenez par exemple, plus tôt ce mois-ci, TeslaMotors a annoncé, dans la foulée du lancement de sa nouvelle fonction de conduite semi-autonome, être occupé à mettre en place la création de sa propre carte routière.

Chaque conducteur de Tesla Model S collectera, pas tout à fait à l’insu de son plein gré, des données cartographiques avec son GPS embarqué. Ces données seront partagées via le cloud avec la communauté de Teslas connectées. La carte collaborative, façon Tesla…

Uber Maps : Uber intensifie également ses efforts de cartographie. La société de la City by the Baypossède maintenant ses propres véhicules de relevés cartographiques. Ces véhicules utilisant une technologie propriétaire, sont destinés à capturer des images visant à constituer des informations de navigation et de guidage, et ce, spécifiquement pour les futures voitures autonomes Uber.

Et, frustrée d’avoir récemment raté l’occasion d’acquérir le service Here lors de la brocante de Nokia, la société Uber a ni plus ni moins décidé de s’emparer des membres de l’équipe Bing Maps de chez Microsoft pour arriver à ses fins.

Apple Plans : les détracteurs diront sûrement que les cartes, que ce soit dans votre voiture, sur votre smartphone ou votre iWatch, c’est chouette mais ça reste un gadget, une énième commodité.

iwatch

Détrompez-vous, les enjeux sont énormes et on a qu’à se remémorer le lancement d’iOS 6. C’était l’époque où Cupertino avait dit « Exit Google Maps ! » pour faire place à son propre outil cartographique Apple Plans. Le résultat fut si catastrophique que, chose rare s’il en est une, Tim Cook a dû présenter formellement ses excuses au sujet des problèmes présents dans l’application allant même jusqu’à suggérer d’aller fureter dans l’AppStore pour télécharger les apps de Google ou Nokia, … en attendant. Depuis, Apple ne lésine pas sur les moyens pour améliorer son service cartographique : aller survoler une métropole en Flyover, comme Bruxelles par exemple, depuis l’app Plans. Apple a d’ailleurs acquis en 2011 le suédois C3 Technologies spécialisé en cartographie 3D afin d’évincer Google.

 

Bon, avec tout ça, je fais quoi au juste dimanche matin ?

Si vous n’avez pas tout à fait retenu qui a racheté qui à la fin ? Et pour quel prix ? Ce n’est pas vraiment l’essentiel. Ce que l’on peut retenir c’est que, premièrement, les cartes, depuis leur passage à l’ère du numérique, ne sont plus la chasse gardée de nos institutions géographiques. Et Google Maps n’est pas seul au monde en ce domaine.

Le deuxième aspect est que la carte est dorénavant produite de manière collaborative, que vous le veuillez (en chargeant en ligne le parcours de votre dernière randonnée) ou non (en vadrouillant avec votre smartphone ou en voiture).

Les plus perspicaces nous diront qu’il ne s’agit ni plus ni moins du procédé employé par les premiers cartographes du XVIe siècle, dont le plus célèbre d’entre eux : le belge Mercator, en récoltant tout simplement les informations des navigateurs de l’époque pour constituer la première mappemonde.

Pour les explorateurs d’entre vous, que ce soit en randonnée, en VTT ou en cavalier, sachez qu’il existe des données cartographiques et collaboratives entièrement libres que vous pouvez charger sur votre GPS avant de partir lors votre prochaine ballade : OpenStreetMap ! Vous connaissez ? Il s’agira de notre prochain sujet, car de nos jours, tant qu’à se perdre de manière hi-tech, mieux vaut le faire gratuitement…

 

 

Dave Dionne

Dave Dionne

Ni Belge, ni hi-tech, ni connecté, la preuve que n’importe qui peut écrire n’importe quoi, mais…pas sur n’importe quel site!